À vélo, Benoît fera le tour du monde

Le journal de Québec, Le jeudi 4 mai 2000

Par Richard Boutin

Benoît Provencher réalise un rêve de longue date en poursuivant son tour du monde en vélo. Après une première étape qui l'a conduit de l'Arizona à Baie-Saint-Paul, une trotte de 7 510 kilomètres répartis sur cinq mois, il s'attaque maintenant à l'Europe.

Ce projet peut sembler complètement fou pour le commun des mortels. "Je dirais que je suis un fou du genre humain, de liberté, de découvertes, de plein-air, d'aventure et de vélo, résume Provencher pour répondre à ceux qui mettent en doute son équilibre mental. L' expression française "avoir un petit vélo dans la tête", qui signifie une bizarrerie plutôt gentille entre la folie ou l'originalité, convient au type de projet que j'ai entrepris."

Avant de sillonner les routes de l'Ouest américain et de la Colombie-Britanique, il y a deux ans, Provencher jonglait avec l'idée depuis belle lurette. "Je rêvais de partir, mais je n'avais pas le courage et les obstacles me semblaient infranchissables, raconte-t-il. Le désir de partir continuait de me hanter et j'avais le goût d'écouter cette voix."

Contrairement à la première étape de son voyage, Provencher sera accompagné de Mireille Roberge, journaliste au Nouvelliste de Trois-Rivières. "C'est super le fun de réaliser un tel périple en solitaire et j'ai prouvé que je pouvais le faire, mentionne-t-il sans jouer les fanfarons. Il y a toutefois plus de bons côtés à le faire à deux, notamment pour l'aspect sécurité."

Islande

Les deux comparses se retrouveront à Paris au milieu de mai. Une balade entre le nord de la France et la Grande-Bretagne servira de prélude à leur expédition. Pendant l'été, Provencher et Roberge traverseront l'Islande, les pays scandinaves et l'Europe de l'Est avant de compléter leur voyage en Grèce, au Portugal et en Italie à l'automne. "Ce n'est pas une course, précise Provencher. Je veux profiter de la vie au maximum et rencontrer des gens. Parce que mes ressources financières sont très limitées, je dois m'arrêter en cours de route pour travailler, ce qui prolonge le voyage."

Complètement autonome avec son matériel de camping dont le poids s'élève à 150 livres, Provencher n'a déboursé qu'à trois reprises pour se loger dans la première étape de son voyage. "Au lieu d'écoper une amende, j'ai payé un site sur un terrain de camping dans le Grand Canyon et à Lake Louise et, à l'occasion de mon anniversaire, je me suis offert une chambre d'hôtel. Mon voyage m'a coûté 3 000$."

Des pépins pimentent souvent le voyage

(RB) - Voyager seul en vélo et coucher en plein air comportent des dangers.

Dans son périple le menant de L'Arizona à Baie-Saint-Paul en 1998, Benoît Provencher a vécu quelques frousses. "J'ai été victime d'une tentative de vol dans un parc albertain alors que je dormais. Le bruit m'a réveillé et j'ai sorti de ma tente avec ma lampe frontale, ce qui a eu pour effet d'effrayer les jeunes sur le party. Tout s'est bien terminé`, mais j'ai eu une bonne peur."

Voyageant avec un trépied pour immortaliser sur pellicule les meilleurs moments de son voyage et afin de présenter des diapos conférences à son retour, Provencher a retrouvé son instrument de travail abandonné par des assaillants dans le bois.

Alors qu'il roulait sur la transcanadienne qui comportait seulement deux voies à la frontière du Manitoba et de l'Ontario, l'aventurier de 32 ans a été victime d'une vilaine chute. "Il ventait et pleuvait et je me suis tassé sur l'accotement. Ma roue avant s'est barrée et je me suis retrouvé couché sur la route avec une voiture qui s'en venait en ma direction. J'en ai été quitte pour quelques ecchymoses, mais j'aurais pu subir de graves blessures."