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Le 14 mai 2002, Baie-St-Paul, Québec, Canada UN AUTRE RÊVE À RÉALISER Maintenant que je me suis trouvé un toit et un travail, je suis disponible à vous partager ma démarche justifiant mon retour précipité au Québec. En fait, cette démarche est tout à fait semblable à celle qui m’a poussé à partir autour du monde à vélo. Elle a débuté alors que j’avais 14 ou 15 ans. Faisant parti d’un escadron de cadets de l’air à ce moment, il m’a été permis d’y monter et de vivre une sensation de grande liberté et de fébrilité complètement enivrante… je vous parle de l’hélicoptère. A partir de ce moment, un rêve s’est installé en moi… celui de vivre l’aventure à travers elle. Je rêvais de m’envoler et d’avoir une autre perspective sur le monde, d’avoir accès à des endroits sauvages inaccessibles, de revive ce sentiment de liberté qui me fait tant de bien. Au fil du temps, ce rêve a grandit. Sa réalisation m’a d’abord semblé inaccessible mais tout doucement, la Vie m’a fait savoir que lorsque l’on veut réellement, l’on peut parvenir à ses fins. Pour choisir de partir à vélo, il y eut un moment où tout est devenu très clair… je devais suivre cette voie. Je devais réaliser ce qui m’habitait et cela est devenu plus fort que tout. En fait, j’avais le sentiment très net, que le bonheur y était. Mon choix de devenir pilote d’hélicoptère passa par le même sentiment. Je sens qu’il est temps pour moi d’aller au bout de ce rêve, d’aller au bout de cette nouvelle aventure qui m’appelle. Évidemment, suivre cette voie implique des efforts, des sacrifices et des renoncements. Mais, elle implique également la conviction que je vais y trouver le bonheur et c’est ce qu’il y a de plus important à mes yeux. Alors, je fonce avec cœur… je me lance à nouveau vers l’inconnu en faisant confiance à la Vie. J’ai donc dû revenir pour enclencher les démarches pour sa réalisation (recherche d’une école de pilotage, inscription, etc.). Ce nouveau projet n’éloigne pas de moi, l’idée de poursuivre mon tour du monde à vélo. Bien sûr, ma façon de le poursuivre changera et sera influencée par ma nouvelle passion. Cependant, soyez certain que le Moyen-Orient, l’Asie et l’Australie me regarderont passer sur mes deux roues dans les prochaines années. J’espère que vous serez là également pour suivre cette belle aventure. D’ici là, je continuerai avec mon ami Jocelyn, d’améliorer le site, d’y mettre les photos, etc. Ainsi, n’hésitez pas à y venir jeter un coup d’œil régulièrement et il me fera toujours extrêmement plaisir de répondre à vos messages. Merci de votre fidélité et du temps que vous prenez à partager ma belle aventure. A bientôt ! Benoît
Le 21 février 2002, Plessisville, Québec, Canada DERNIERS COUPS DE PÉDALE DE CETTE 3ième ÉTAPE Hé oui! Je suis déjà de retour chez-nous. Je vous expliquerai dans un prochain texte, les raisons de ce retour précipité mais auparavant, je veux vous partager mes derniers moments sur la route avec Chrystine. Après notre traversée à vélo d'une partie du Salar de Uyuni, il fallait y retourner afin de faire les 300 km qui nous séparaient de la frontière chilienne. On nous déconseillait de le faire à vélo car cette partie du Salar semblait plus dangereuse et en cette saison des pluies, il risquait d'être inondé. Nous avons donc décidé de partir avec un groupe pour vivre cette aventure en Jeep. J'étais heureux de retourner au cour de ce géant blanc. D'autant plus qu'il avait changer de masque et nous a dévoilé une autre de ses facettes. Depuis notre traversée à vélo, il avait plu abondamment et le Salar était complètement inondé. Il me fit un effet choc! Je n'avais jamais rien vu de pareil. Imaginez. le plat quasi parfait du Salar, l'eau et l'absence de vent. Tout cela combiné vous donne l'étrange impression d'être sur un miroir de 12 000 km². C'était hallucinant de voir le reflet des nuages et d'avoir l'impression de se déplacer sur ces derniers. Vraiment fascinant!!! Il était tout aussi impressionnant de voir notre conducteur, Hector, conduire sur cette immensité perdue sans point de repère. Après les 100 premiers kilomètres, nous nous sommes arrêtés à l'Isla Pescado. Cette île perdue au milieu de ce désert de sel, est plutôt étrange avec ses immenses cactus recouvrant le sol de pierre poreuse. De nouveau en route sur cette mer salée, je ne me suis pas lassé de regarder ce miroir gigantesque. En fin de journée, nous avons quitter le Salar et nous sommes arrivés au petit village de San Juan. Un bon repas, nous y attendait. L'ambiance du groupe constituée d'un albertin, d'un anglais, d'un nord-irlandais, de deux suédois et de Chrystine et moi, était fort agréable. Le lendemain, la boue avait remplacé le sel. Aucune route n'était tracée. Seules les traces éparpillées des véhicules précédents nous indiquaient la direction à maintenir. A un certain moment, la Jeep qui nous suivait a disparu. Que s'est-il passé? Hector, en bon samaritain, nous a donc fait débarquer dans un endroit sec et il est allé voir ce qui était arrivé. Incroyable mais vrai, il est revenu 3 HEURES PLUS TARD! Sous un soleil de plomb et sans arbres pour s'y abriter, c'est assez long. L'autre Jeep s'était embourbée et il avait fallu tout ce temps pour la sortir de là. Jusqu'à la frontière chilienne, nous avons eu plusieurs beaux clins d'oil de mère nature. Que ce soit à travers les montagnes de sable rouge et aux sommets enneigés, à travers "l'arbre de pierre ", cette splendide formation rocheuse sculptée par le vent, à travers la "laguna verde ", ce lac de sel d'un vert incomparable ou encore, à travers les geysers crachant leur vapeur brûlante et voilant le soleil levant, le sud-bolivien aux contrées sauvages, nous a vraiment enchanté. Chrystine et moi avons repris nos montures d'acier à la frontière du Chili. Nous étions alors à près de 5000 mètres d'altitude. Les 6 premiers kilomètres de sable mou et au vent de face, furent assez éprouvant. Cependant, après cette épreuve, ce fut le bonheur. 42 km de descente pour un dénivelé de 2000 mètres. Wow! Nous avons fait escale dans le magnifique petit village de San Pedro de Atacama pendant 3 jours. Ensuite, nous avons poursuivi notre route en direction de l'Argentine. Entre les deux frontières, nous avons eu le bonheur de rencontrer un couple de français réellement très sympathiques. Nous avons fait route avec Carine et Jean-Michel jusqu'à la frontière et avons découvert ensemble, des endroits merveilleux comme on ne peut se l'imaginer. Les lacs de sel, les montagnes de terre sulfureuse et la lumière dans cette région du globe, offrent des toiles naturelles d'une beauté presque irréelle. Une fois à la frontière, nous avons eu toute une mauvaise surprise. Il n'y avait pas de poste frontalier comme nous avait laissé croire l'immigration à San Pedro mais seulement un contrôle policier. Ainsi, il nous était impossible de quitter le Chili car nos passeports n'avaient pas le sceau de sortie. "Merde! Merde! Merde!. Ils ne vont quand même pas nous obliger à retourner à San Pedro pour ça?!? " Et oui, c'est ce que l'on a dû faire. Heureusement, au même moment, des argentins en voiture arrivèrent à la frontière et acceptèrent de nous amener jusqu'à San Pedro. Le lendemain, nous avons rebroussé chemin en compagnie d'un camionneur. Enfin, tout était en règle. Nous avons donc remercier et saluer notre bon samaritain qui est reparti aussitôt. Comme nous allions prendre le départ. "Chrystine, où est la trousse d'articles de toilette?. Ha non ! C'est pas vrai! ". Cette trousse était restée dans le vieux camion et le pire, c'est qu'elle contenait plusieurs chèques de voyage. Comme la vie est bonne pour nous, 6 camions Mercedez neufs sont arrivés et nous avons pu monter à bord pour rattraper le camion et notre butin. De longues heures se sont écoulées avant de rejoindre le camion mais nous avons réussi.OUF! De plus, le contenu de la trousse était intact. OUF à nouveau! Il nous a fallu un jour pour parcourir les 151 km qui nous séparait de Salta, malgré les vents de face extrêmement forts par moment. C'est de cet endroit que mon voyage à vélo devait prendre fin. Nous avons quand même pris le temps de visiter cette région aux mille et un vignobles et aux canyons spectaculaires. Étant donné, les coûts moins élevés du billet d'avion en partant de La Paz, Bolivie, j'ai dû retourner rapidement dans cette capital pour prendre mon avion. C'est donc au matin du 17 février que j'ai laissé douloureusement, Chrystine derrière moi. Il était important qu'elle aille au bout de son rêve, au bout de son aventure pour sa propre satisfaction et pour le rêve des enfants malades (La Fondation Canadienne Rêves d'Enfants.). C'est donc après 31 heures interminables de bus et la saga du retard d'une journée avec le vol d'avion, que je suis arrivée à Montréal. J'étais à la fois heureux de retrouver ma famille et mes amis, mais triste de la fin de cette 3ième étape merveilleuse. Comme je vous le mentionnais plus haut, je vous ferai part dans un prochain texte, des raisons qui justifient ce retour précipité. Ce choix n'a pas été facile, ni fait à la légère. Il a en fait, les même buts que ce choix de parcourir le monde à vélo, c'est-à-dire, réaliser un rêve et être heureux. Je vous en reparle. A bientôt! Benoit Le 1er fevrier 2002, Uyuni, BolivieL'IMMENSITE BLANCHE Avant meme d'arriver en Bolivie, l'Altiplano s'était fait notre compagnon de route. Cette large vallee est soufflee presque continuellement par des vents parfois tres forts. A velo, ce n'est pas toujours un cadeau! On croyais que cette route plane ou legerement valonneuse allait etre de la p'tite biere mais, ce ne fut pas vraiment le cas. De plus, se situant entre 3500 et 4200 metres d'altitude, l'Altiplano ne nous a pas offert d'oxygene en trop. Ainsi, il nous a quand meme, mis a l'epreuve. Sur la grande partie de son territoire, l'Altiplano est desertique et donne meme parfois, l'impression d'y voir des mirages. Cependant, ce qui est le plus fascinant, c'est la presence gigantesque du ciel. Cette immensite bleutee est en constante transformation en cette saison des pluies, et elle nous a fait cadeau de magnifiques orages, a l'occasion. Je suis toujours fascine et impressionne de voir apparaitre au loin, ces geants charges a bloc, d'eau et d'electricite. Puis, ils se rapprochent encore et encore, laissant s'echapper des murs de pluie et de grele. Les eclairs et le tonnerre nous avertissent toujours de se trouver un abri. Je me rappelle un moment ou rien autour, avait pu nous servir de bouclier. Les grelons arrivaient avec tellement de force qu'ils nous pincaient douloureusement la peau et meme, a travers nos vetements. La situation était tellement incroyable, que Chrystine et moi, nous sommes mis a rire, etant bien conscients que nous vivions un moment exceptionnel... une fois, c'est assez cependant! Après avoir passé quelques jours a la sympatique "Casa de ciclista" des Perez a La Paz, nous avons repris la route vers le sud. Nous etions vraiment enerves car nous allions vers le grand, l'impressionnant, le mystique Salar de Uyuni. Ca faisait tres longtemps que Chrystine et moi en revions et voila que nous etions a sa porte. Je me souviendrai toujours du moment ou il nous est apparu. Nous avons monte sur plusieurs kilometres, sachant qu'il etait de l'autre cote. Lorsque nous sommes arrives tout en haut, ce fut l'emerveillement. On ne peut pas s'imaginer cet etendu d'un blanc aussi pur et aussi vaste. Le Salar de Uyuni fait 12 000 km². Il est ne de l'evaporation d'un lac sale, il y a 25 000 a 40 000 ans. On y retrouve presentement, 10 billions de tonnes de sel et 18 000 tonnes sont extraites chaque annee pour la consommation domestique. L'idee de traverser une partie du Salar a velo m'excitait enormement et me faisait peur a la fois. Je savais que ce serait une experience inoubliable. J'avais confiance que tout se passe bien mais j'avais quand meme en tete, les histoires de gens perdus et retrouvés morts que l'on nous avait racontees. Son immensité, la chaleur et l'absence d'eau potable pouvait en faire un tueur redoutable. Mais, il nous fascinait. Nous avions envi de goûter a cette immensité. Nous sommes alors partis avec confiance, vers 5h, le matin du 31 janvier. La noirceur de la nuit etait encore presente lorsque nous avons donne nos premiers coups de pedale. Il nous a donc fallu avance a taton, a travers les pierres, pour faire les 4 kilometres qui nous separaient du Salar. Avant d'y faire rouler nos roues, nous avons pris soin de ramasser quelques bouts de bois au cas ou le Salar n'aurait pas voulu nous laisser sortir. La fumée aurait ete alors, notre seule bouee de sauvetage. Puis, nos roues ont touché le sel. Incroyable mais vrai... nous y etions enfin! L'enervement nous habitait au maximum. Chrystine et moi avons pris le temps de se faire un calin de bonheur et "bonne chance" avant de commencer a rouler sur le Salar. En guise de coup d'envoi, le soleil levant a mis le feu aux nuages... c'etait tout a fait splendide! On aurait dit un immense feu d'artifices se consumant lentement et nous offrant des couleurs de rouge, de rose, de violet et de jaune...quel beau depart! Nos premiers coups de pedale sur le sel me laissa une drole d'impression. D'abord, j'ai cru rouler sur de la glace. La texture et les craquements sous nos roues etaient identiques a ceux que l'on retrouve dans nos hivers quebecois. Ensuite, au fur et a mesure que la lumiere nous faisait decouvrir davantage cet endroit spectaculaire, j'ai cru me deplacer sur un espace lunaire. Rouler sur le Salar de Uyuni, c'est vraiment comme etre sur une autre planete. Je m'etais imagine qu'il serait facile de rouler sur le Salar, croyant que sa surface serait dure et lisse. Ce ne fut pas le cas cependant. En fait, d'innombrables crevasses créent des formes hexagonales sur la majeure partie de sa superficie. Aussi, sur de vastes etendus, des cristaux de sel degages par le vent, donnent l'impression de voir des champignons blancs a perte de vue. Toutes ces textures créent un roulement plus ou moins cahoteux sous les pneus mais du meme coup, elles sont responsables de la grande beaute du Salar. Une fois le soleil bien haut dans le ciel, le Salar pouvait se resumer a ceci: du blanc, une ligne d'horizon et du bleu. Quelle etrange sensation de regarder aussi loin que l'oeil peut le faire et de ne voir que ce plat plus blanc que neige. Le Salar en soit est un endroit magique. Mais nous avons ete temoin d'un evenement exceptionnel. En fait, aucune vie n'est perceptible sur le Salar... aucun animal, aucune espece vegetale, rien... puis, ils ont passe au dessus de nos tetes a grands coups d'ailes. Ils etaient une dizaine a nous laisser voir leur majestuosite rosee. Imaginez... le blanc du sel, le bleu du ciel et en contraste, le rose de ces flamants... absoluement superbe! Il nous a fallu 8 heures pour rouler les 87 km de route salée qui allait nous amener pres d'Uyuni. De ces 8 heures, pres de la moitie furent consacrees à la prise de photos, au repos et a la reparation de mon velo. Lorsque nous avons apercu a l'horizon, les camions des ramasseurs de sel, nous savions que la traversee allait se terminer. Nous avons ressenti un reel bonheur et du soulagement car nous avions reussi sans s'etre perdus. Mais malgre cela, j'aurais voulu que cette magnifique experience se poursuive encore et encore. Avec l'ascention du Cotopaxi, le bain de boue, l'inauguration de l'electricite dans un petit village de montagne et bien d'autres experiences exceptionnelles, cette traversee du Salar de Uyuni restera graver a tout jamais dans ma memoire. A bientot! Benoit Le 21 janvier 2002, La Paz, Bolivie UNE EXPERIENCE ELECTRIFIANTE Nous voila maintenant en Bolivie. Deja, les experiences interessantes dans ce nouveau pays, s'accumulent. Cependant, j'ai le gout de faire un retour en arriere et de vous partager une experience formidable que j'ai vecu au Perou. Une experience qui justifie a elle seule, cette belle aventure en Amerique du sud. La voici... Chrystine et moi avions eu besoin de prendre un peu de recul et de se retrouver seul pour un moment. Ainsi, nous avons roule en solitaire et apres 2 semaines, nous ressentions le desir de se retrouver pour passer Noel ensemble. Mais voila que le temps me manquait pour etre au rendez-vous que nous nous etions fixe. J'ai donc decide de me faire embarquer par une camionnette pour quelques kilometres, afin d'etre a temps au rendez-vous. J'ai rencontre alors, Mario et Jesus. Deux personnes fort sympathiques qui travaillent pour Foncodes, une fondation internationale qui concoit et realise des projets humanitaires(electricite, eau potable, etc). Avant de se rendre a Abancay, notre destination finale, Mario et Jesus devaient participer a l'inauguration de l'installation de l'electricite dans un petit village de montagne, Cotahuayho. Foncodes avait realise ce projet et ils m'inviterent a partager cette experience. J'en etais ravi! Deja, mon excitation s'est multiplie quand nous avons quitte la route principale pour prendre un minuscule chemin de terre en mauvais etat, cotoyant des precipices qui plongeaient a plus de 1500 metres de profondeur, a certains endroits. Pas besoin de preciser que les paysages etaient spectaculaires. Une fois dans ce petit village completement isole, il fut charmant de voir que toute la communaute s'etait reunie pres de l'eglise. Les hommes etaient tous ensemble d'un cote, alors que les femmes et les enfants etaient assis par terre, silencieux, de l'autre cote. Nous avons ete recus avec tous les honneurs par les hommes d'autorite du village. L'endroit etait decore de fleurs et de banderoles. L'esprit de fete regnait sur toute la place. Apres nous avoir fait assoir a la table d'honneur, la ceremonie debuta avec la musique traditionnelle jouee par trois hommes plutot ages.L'un d'eux avait une flute fabriquee d'un bout de tuyau de plastique alors que les autres avaient des instruments de percussion plutot delabres. C'est beau de voir que l'on peut faire d'aussi belle musique avec aussi peu. Puis, ce fut les discours officiels. Comme tous bons discours officiels, ce fut plutot ennuyant. J'en ai donc profite pour observer les gens. J'etais fascine par leur facon d'etre, leurs attitudes, leurs vetements, etc. Un homme age a particulierement attire mon attention. Malgre son age avance, il est reste debout, solide comme le roc et attentif aux discours. Son visage ride exprimait la rudeste de la vie en montagne. Apres les discours, ce fut le temps de la danse. Deux jeunes musiciens se sont installes, un au violon et l'autre a la harpe. La musique commenca et des femmes, dont certaines assez agees, sont venues chercher les hommes de la table d'honneur pour la danse. Je n'ai pas hesite a accepter cette invitation mais je me demandais bien dans quelle galere je m'embarquais. Finalement, ce fut assez simple. Il s'agissait de faire de petits pas en se tenant les mains et en tournant en rond et ce, au rythme doux de la musique. Rien de tres passionnant mais j'etais tellement heureux de vivre cette experience. A un certain moment, le president du village passa avec une bouteille et un verre, pour offrir une boisson alcoolisee aux danseurs. Tout le monde a bu dans le meme verre. J'ai pris la gorgee que l'on m'a offerte et... Yahou!!! Je n'ai pas pu dire merci tellement la boisson etait forte. Il m'est venue une chaleur et je me suis mis a sourire davantage par la suite... Viva la vida!!! Apres la danse, il fallait bien manger. Le premier plat fut servi a Mario... Ho la la!!! J'ai eu la surprise de voir que nous allions manger des "CUY" (il faut prononcer "couille"), ce fameux cochon dinde cuit sur la braise. J'etais heureux car je n'avais pas encore ose gouter a ce plat typique et de choix pour les peruviens, mais j'etais aussi degoute de voir ce petit animal calcine, dont on avait seulement enleve les visceres. J'ai donc pris une grande respiration et j'ai pris ma premiere bouchee... j'ai ete surpris de voir jusqu'a quel point s'etait delicieux. Il ne me restais qu'a ne pas regarder les quelques poiles noircis par la cuisson qui restaient sur la peau et les dents decouvertes de l'animal. Aussitot le repas terminer, nous avons du quitter car nous avions encore 3h30 de chemin accidente a faire avant d'arriver a Abancay. Les aurevoirs furent tres chaleureux avec de bonnes poignees de mains et de petites tappes amicales donnees sur l'epaule. Je suis parti de cet endroit heureux car l'installation de l'electricite dans ce village allait avoir un impact positif majeur sur leur qualite de vie. Je me sentais vraiment choye d'avoir pu partager ce grand moment avec les habitants de Cotahuayho. Merci a Mario et Jesus! A bientot! Benoit Le 5 janvier 2002, Cusco, Perou DES FETES PETARISSANTES AU PEROU!!! Je devais vous parler de mon experience au site Inca de Machu Picchu mais plutot rester dans l'esprit des Fetes et vous partager la facon dont elles se sont passes pour moi et Chrystine, a Cusco, au Perou. NOEL ! NOEL ! Deja le 23 decembre en soiree, des gens arrivaient massivement de partout, a Cusco. Certaines familles s'installaient meme par terre sur la Places d'Armes, pour passer la nuit sous leurs couvertures colorees. Qu'allait-il se passer pour que les gens s'amenent ainsi et aussi tot? Le 24 decembre au matin, deja tres tot, les peruviens avaient transformes la Places d'Armes en un immense marche publique ou chacun tentait de vendre ses poteries, ses tissus colores, ses vetements tisses a la main, ses banderoles de Noel, ses petards, etc, etc, etc. Il y en avait partout et pour tous les gouts. Dans certains coins, la nourriture traditionnelle etait a l'honneur... cochon d'inde braise, peau de porc bouillie, coeur de boeuf en brochette, saucisse, poulet, pomme de terre farcie, piment farcie, etc. Bien que cela puisse vous repugner, ces mets sont souvent delicieux. Il y avait beaucoup d'ambiance a Cusco. Avec toute cette activite, je me sentais davantage dans l'esprit de Noel. Ce fut tres agreable de se promener toute la journee a travers cette foule car les gens etaient de bon humeur, magasinaient leur cadeaux de Noel et l'on pouvait deja sentir la febrilite car la fiesta s'en venait. Cependant, avec cet esprit de Noel, vient aussi l'autre cote de la medaille, l'autre realite boulversante, celle des gens qui ne peuvent s'en offrir autant. Ils sont descendus des montagnes par milliers, esperant avoir quelques sous pour leurs branches de pins, pour leurs mousses naturelles offertes pour faire les creches de Noel, pour leurs quelques legumes qu'ils ont transportes sur leur dos, etc. Certaines de ces familles avec 4-5-6 enfants, souvent en bas age, ont fait des dizaines, des centaines de kilometres, pour venir tenter leur chance a Cusco. Le plus boulversant pour moi, fut de voir les files d'hommes, de femmes et d'enfants, attendant de longues minutes, afin de recevoir un bout de pain et un peu de cafe, que certains restaurents avaient la gentillesse de leur offrir. Difficile de retenir l'emotion a la vue de ce vieil homme, le dos courbe par la pauvrete et le dur labeur, exposant son plus beau sourire quand il recu son bout de pain. C'est facile et boulversant de s'imaginer qu'il ne devait pas manger a sa faim tous les jours, pour etre aussi heureux devant si peu. C'est boulversant egalement de voir le plus vieux revenir a la course vers sa famille et partager son bout de pain avec ses trois freres et soeurs plus jeunes. Aussi, j'ai ete un peu derange de voir toutes ses familles visiblement tres pauvres, qui allaient passer cette nuit froide a la belle etoile, sous le balcon de ce bar ou des etrangers fortunes faisaient la fete et buvaient leur abondance. Que penser de tout ca? Y a-t-il une justice sur cette terre? Pourquoi la vie est-elle si facile pour certains et si difficile pour d'autres? Peut-etre faut-il regarder au-dela de cette richesse materielle? Les plus riches ne sont-ils pas ceux qui mettent en avant-plan les valeurs humaines de respect, de partage, de verite et d'amour? Peut-etre que ceux qui sont bons pour eux-meme, pour ceux qui les entourent, pour la Vie en generale, sont-ils habites par cette paix interieure veritable, qui les rapprochent du bonheur? Peut-etre est-elle la, la vraie justice? En soiree, le bel ambiance qui regnait en apres-midi, s'est un peu gate. En fait, la Place d'Armes est devenu un vrai depotoir. Les vendeurs, les artisants, les promeneurs avaient deserte les lieux pour la plus part, y laissant que leurs dechets. De plus, comme tradition, les peruviens font eclater des petards. Certains sont tellement gros, que l'on croirait entendre un vrai coup de canon. Si un de ceux-la eclate pres de vous, vous etes sourd pendant quelques secondes. Par moment, ca sautait de partout et sans arret. On se saurait cru en pleine guerre. Pour nous qui ne sommes pas habitues, tout cela etait plutot agressant. Nous voulions profiter au maximum, de cette nuit de festivite mais dans ce contexte, nous n'avons pas tarde a entrer a l'hotel. Au matin de Noel, tout etait redevenu comme avant. La Place d'Armes donnait l'impression que rien ne s'y etait passe. Cependant, en fin d'avant-midi, il y eu un parade. Les gens portaient des costumes traditionnels et des masques. Ils chantaient, dansaient, jouaient de la musique tout en marchant sur la Place d'Armes. Les peruviens ont vraiment le sens de la fete et du spectacle. C'est fascinant de les voir dans ce contexte. Malgre la distance, ce fut un immense plaisir de parler a ma famille, a mes amis et de lire et d'ecrire des voeux de Noel par internet. C'est fou comme on peut se sentir proche de certaines personnes meme en etant si loin. Et mon plus beau cadeau, fut sans doute d'avoir retrouver Chrystine et d'avoir pu vivre ce Noel, avec elle. LE NOUVEL AN ! En ce dernier jour de l'annee 2001, nous avions envi d'etre dans un endroit ou il y avait des gens, de la musique, de l'ambiance. Nous sommes donc alles dans un pub pour prendre un verre mais ce fut une erreur...c'est a l'exterieur que la vraie "fiesta" se deroulait. Vers 22h30, les gens arrivaient en masse et une heure plus tard, des milliers de personnes avaient envahi la Place d'Armes . La foule etait de bon humeur, riait, buvait, se faisait l'accolade, etc. Chrystine et moi avions beaucoup de plaisir a etre temoin de ce spectacle humain. Plus on se rapprochait de minuit, plus l'atmosphere se rechauffait...comme les gens d'ailleurs. Les petards et les feux d'artifices commencaient a se faire voir et entendre. Et lors du decompte avant le debut de l'an 2002, ce fut de la pure folie...FELIZ AÑO!!! Les petards et les feux d'artifices sautaient de partout et sans arret. Les gens criaient, riaient, se sautaient dans les bras, s'embrassaient...ce fut un grand moment de joie. C'est etrange comme l'explosion des petards et feux d'artifices qui nous avaient tant agresse a Noel, contribuaient a creer ce bel ambiance du nouvel an. Comme quoi notre etat d'esprit fait parfois , toute la difference. Quelques minutes apres le coup de minuit, il y eu un elan generalise ou des milliers de personnes se sont mis a courir tous ensemble, autour de la Paces d'Armes. Ce fut tellement beau de voir cette vague humaine se deplacer rapidement. Mais apres un moment, nous ne pouvions plus rester simple spectateur de cet elan de joie et nous avons sauter dans la vague... ce fut genial de partager ce bonheur avec les peruviens. Puis, la pluie s'est mise a tomber. La majorite des gens ont couru s'abriter sous les balcons et les arches des batiments. Seuls les plus courageux, les plus enjoues... et les plus saouls... sont restes sous l'orage pour faire la fete. Certains dansaient dans la fontaines, d'autres continuaient de courir alors que d'autres etaient couches par terre, ivres-morts. Tranquillement, les gens se sont disperces et nous sommes retournes dans la tranquilite de notre chambre d'hotel avec le sourir. Evidemment, mes proches m'ont manque en ce jour de festivite mais du meme coup, quelle chance d'avoir pu participer a ce beau moment de l'annee a travers une autre culture. La-dessus, je vous souhaite une super belle annee 2002... Faites-vous plaisir! Faites-vous du bien! A bientot! Benoit
Le 4 decembre 2001, Lima,
Perou
CLINS D'OEIL PERUVIENS
Voila deja plus d'un mois que je n'ai pu vous partager mon experience
au Perou. Comme il serait trop long de vous resumer toute cette aventure
peruvienne, je vous livre simplement quelques extraits de mon journal
personnel. Les voici...
Piura, 26 octobre 2001
A notre arrivee a Piura, nous devions aller rejoindre Marie-Josee qui
venait rouler avec nous pour 6 semaines. Je sentais deja l'excitation
avant meme de l'avoir vu. Tout a coup, je l'ai apercu sur le
trottoir..."He! C'est elle!"... Accolades, enervements...quel bonheur de
la revoir!
Piura, 28 octobre 2001
Comme Chrystine ne fait jamais les choses a moitie, il lui a fallu un
garagiste et son chalumot pour reparer...ses soulier de velo...
En marchant dans une ruelle, j'ai vu un gars frapper sa copine...que
faire? Intervenir ou pas? Une intervention aggravera-t-il la situation?...
Je suis reste a l'ecart mais pret a intervenir au cas ou la situation
s'aggraverait. C'est triste d'etre temoin de cette realite qui est le lot
de bien des gens...
Piura, 29 octobre 2001
C'est le grand depart a velo pour Marie-Josee... Comme plat d'entree,
le desert de Sechura...un vrai desert: que des arbustes epineux, du sable
fin et du vent, beaucoup de vent et de face par surcroit...
Desert de Sechura, 30 octobre 2001
...avec ce vent, impossible de ne pas avoir de sable dans les yeux,
dans notre soupe et notre sandwich...
Chiclayo, 31 octobre 2001
Nous avons eu un peu de difficultes a trouver la "casa de ciclista".
Certaines personnes nous indiquaient a droite alors que d'autres nous
montraient la gauche...Mais qu'ont-ils fait, les peruviens, avec leur sens
de l'orientation?
Les "casas de ciclista" ne sont rien d'officiel. Elles sont
simplement des endroits ou les gens, generalement passionnes de velo,
ouvrent leurs portes gratuitement, aux voyageurs a velo...un bel exemple
d'hospitalite et de generosite...
Chiclayo, 1er novembre 2001
...Nous sommes partis avec Javier, pour visiter le site archeologique
Sipan. Ce site releve de la culture Moche et date des annees 1700...
pyramides, tresors, tombeaux, ossements... Dans la culture Moche, on
coupait les pieds aux morts pour s'assurer qu'ils ne quittent pas le
tombeaux.
Chiclayo, 2 novembre 2001
C'etait beau de voir la fascination et la curiosite dans leurs yeux
quand Chrystine leur parlait de l'hiver canadien, du sirop
d'erable... Le pere de Javier etait particulierement beau a
voir.
Trujillo, 4 novembre 2001
Chez Lucho, c'etait ma 2ieme "casa de ciclista". Lucho est venu nous
rejoindre avec son super velo, siege banane, qu'il surnomme, la
Limousine.
...Lucho est un maniaque du velo... Il est l'unique peruvien a avoir
fait 13 fois, le tour du Perou a velo. Il a gagne des dizaines de
competitions internationales. Il a participe a une etape du Tour de
France... et malgre tout ca, quelle belle simplicite et humilite...
Trujillo, 6 novembre 2001
...sans le savoir, Marie-Josee et moi, venions de passer sur de
petits arbustres...epineux... Marie-Josee a du reparer son tube a 5
reprises avant de trouver toutes les epines logees dans son pneu...
belle facon de mettre du piquant dans son voyage.
Viru, 8 novembre 2001
J'ai pense que Chrystine nous faisait une blague et
elle, pensait que c'etait nous qui lui en faisions une...Il a bien
fallu se rendre a l'evidence, on venait de se faire VOLER!... Mon casque
de velo, la bouteille du rechaud, les souliers et le gilet de Marie-Josee
venaient de s'envoler. Comme avec les situations heureuses,
l'important, c'est d'apprendre.
Quelque part entre Chuquicara et Yuramarca, 10 novembre 2001
... nous avons roule dans une gorge absoluement magnifique. La beaute
des paysages nous faisait oublier la difficulte. Les montagnes etaient
imposantes et leurs differentes teintes de terre et de rouge, nous ont
offert des toiles naturelles incroyablement belles...bonheur, bonheur...
d'autant plus que je pouvais le partager avec Chrystine et
Marie-Josee.
...nous avons d'abord pris un bon bain glace dans la riviere... on
avait peine a se reconnaitre apres, car la poussiere, nous avait bien
maquilles... du brun fonce, nous avons passe au brun pale et du collant,
nous avons passe a la douceur...
Huallanca, 11 novembre 2001
... sur notre route traversant le "Canyon de Pato", nous avons apercu
une chute impressionnante et d'une beaute sans pareil... je me suis avance
sous cette douche naturelle sans trop reflechir. La force et la fraicheur
de cette eau tombant d'une bonne centaine de metres, etait d'une intensite
telle que je n'ai pu retenir mes cris d'exaltation...ce fut un autre grand
moment de cette aventure a velo.
Caraz, 13 novembre 2001
...le lac Paron est a 4200 metres d'altitude... Le trajet a lui seul
en vaut la peine. Ce chemin en lacets et en mauvais etat, nous amena a
travers les petits villages de montagnes...on se sentait vraiment
ailleurs...on a pu voir les gens travailler aux champs a coup de pic, les
boeufs tirer un bout de bois servant a labourer la terre, les
fillettes sur le bord de la route, vetues de leurs
vetements traditionnels extrement beaux et colores, les vieilles
dames tissant la laine a la main...que de beautes peruviennes!
Huaraz, 16 novembre 2001
Nos routes se separent, Chrystine preferant tourner a droite en
solitaire...une bien triste journee.
Nous roulerons quand meme ensemble, le temps de recevoir le materiel
necessaire a notre autonomie respective...
Pachacoto, 17 novembre 2001
En soiree, nous avons chante et joue avec une dizaine d'enfants. Ils
sont tellement beaux et enjoues...simplicite heureuse!
Pastoruni, 18 novembre 2001
Au matin, les enfants sont venus nous dire aurevoir...ce fut un beau
depart vers la montagne...
...plus nous montions, plus notre respiration devenait
difficile...
...a 4600 metres d'altitude, il y a un batiment ou l'on peut
s'abriter. Juste avant d'y arriver, le vent a tourne. Il est devenu froid
et nous glacait le visage. La pluie et la grele se sont mises de la
partie... nous etions heureux d'avoir cet abri au beau milieu de nul
part.
Pres de Huallanca, 19 novembre 2001
Le depart fut assez difficile car il avait neige pendant la nuit et
le chemin de terre etait en mauvaise etat... Quelques minutes
plus tard, nous arrivions enfin au col Mururanu, a 4800 metres
d'altitude. Il me semblait presqu'incroyable d'etre aussi haut en
altitude...en velo... Genial!
...il y a le bonheur d'accomplissement qui s'ajoute a celui d'etre
dans un endroit isole et sauvage...
...decrire la beaute des paysages me semble superflu car ils sont
toujours magnifiques et les mots me manquent pour les dire a leur
juste valeur.
La Union, 20 novembre 2001
Alors que nous nous appretions a partir au matin, les 2 gentils
policiers rencontres la veille sont arrives... completement saouls!...
toute un paire de policiers!
Quand nous sommes passes a Huallanca, ce fut magique. Ce petit
village montagnard celebrait une occasion speciale. Les gens s'etaient
rassembles sur la place publique, la fanfard jouait des airs peruviens et
les enfants dansaient... les moments comme celui-la, sont la recompense du
cycliste voyageur.
A notre passage, une mere visiblement tres pauvre, nous demanda
d'amener sa fillette avec nous...triste realite.
Huanuco, 21 novembre 2001
Il nous restait trop peu de temps pour se rendre a Cusco en velo et
voir machu Picchu, avant que Marie-Josee retourne au Quebec. Ainsi, une
premiere etape pour sauver du temps, fut de prendre le bus... les
chauffeurs de bus peruviens sont fous... les passagers n'ont qu'a bien se
tenir!
...la course folle entre les autobus, s'est poursuivie sur une route
de terre tres etroite, cotoyant des precipices de 200-300 metres de
profondeur... de la folie a l'etat pur!
San Mateo, 23 novembre 2001
Lors de la reparation du pneu de Marie-Josee, 4 enfants
visiblement pauvres et tres sales, se sont fait spectateurs. Pour moi, ces
enfants representaient la misere humaine et pourtant, ils semblaient
heureux... le bonheur n'est peut-etre pas toujours la ou l'on pense.
Chosica, pres de Lima, 24 novembre 2001
...ce fut une magnifique descente sur 68 km...Yahoo!!!
Fernando et Jaime, des amoureux du velo, nous ont force a s'arreter
pour nous offrir un toit...
...c'etait une villa d'une beaute et d'une grandeur impressionnante.
Il y avait des fleurs partout et une piscine, nous attendait...
...c'est etrange de se retrouver dans un endroit paradisiaque apres
etre passe dans la montagne ou les gens ont de la difficulte a avoir du
pain sur leur table...contraste troublant!
Je suis chanceux de faire parti des choyes.
Cusco, 27 novembre 2001
Pour sauver plus de temps avant le retour de Marie-Josee au Quebec,
cette derniere nous a offert les billets d'avion de Lima a Cusco. Ainsi,
il nous etait possible de faire la randonnee de 4 jours pour aller
voir la cite de Machu Picchu ,tous les trois ensemble. Mille merci
Marie-Josee!
Voila pour les clins d'oeil peruviens.
Ma prochaine mise a jour sera consacree a cette randonnee de 4
jours dans la Vallee Sacree menant au site Inca de Machu
Picchu.
Au plaisir!
Benoit
Le 28 octobre 2001, Piura, Perou Et oui, nous voila deja au Perou mais je vous en reparlerai car tel que promis... UN ANNIVERSAIRE... VOLCANIQUE!!! Depuis longtemps, Chrystine et moi revions de faire l'ascension d'une haute montagne. La fin de semaine de nos anniversaires (moi le 13 et Chrystine le 14 octobre) etait l'occasion revee de se l'offrir. D'autant plus que le Cotopaxi (5897 metres), deuxieme plus haut sommet d'Equateur, etait la et nous tendait les bras. C'est avec Dominique, Dominique et leur fille Pauline, nos gentils hotes a Quito, que nous nous sommes rendus au pied du Cotopaxi en voiture. Deja sur la route, nous pouvions admirer dans toute sa splendeur, ce roi couronne de blanc...un cone parfait dominant plaines et collines. Mon coeur avait deja un rythme accelere et l'altitude n'avait rien a y voir. C'etait plutot l'excitation... Sera-t-il docile avec moi? Me laissera-t-il atteindre son sommet? Me partagera-t-il son ultime regard? Du stationnement du refuge (4500 m), nous avons gravis les 300 metres repartis sur 1.5 km, pour se rendre au refuge. Pablo, notre guide experimente et surtout tres sympathique, nous y attendait avec une bonne soupe chaude. L'accueil fut chaleureux et l'ambiance du refuge etait agreable. Nous voulions prendre une nuit et une journee avant l'ascension, pour s'acclimater un peu. Deja, a 4800 metres, l'oxygene se fait plus rare et on le sent bien. Monter quelques marches demande deja un effort unhabituel. Nous avons eu une place de choix pour dormir...une petite pìece a partager avec 4 autres personnes plutot que l'un des deux dortoirs de 40-50 places, plein a craquer. Le sommeil fut quand meme leger car j'ai eu de la difficulte a me debarrasser d'un vilain mal de tete. Il en fut de meme pour Chrystine. Le lendemain, ecriture du journal et lecture ont ete nos principales activites pour cette journee d'acclimatation. Cependant, en PM, Pablo nous a amene faire une simulation de l'ascension, sur le glacier pres du refuge. Apprendre a faire de l'alpinisme, c'est bien plus que de savoir comment utiliser correctement le materiel (crampons, piolet, etc.). C'est d'abord et avant tout, developper une facon de faire, une facon d'etre ou sa securite et celle de ses compagnons de cordee, est la principale preoccupation, la principale ligne directrice. 23h50... Il est l'heure de se lever car la premiere partie de l'ascension devait se faire de nuit. 01h00... Nous faisons nos premiers pas vers le sommet. J'etais tellement enerve! Depuis le temps que j'en revais et voila que j'y etais! Le ciel etait d'une beaute etoilee sans pareil. La neige tombee la veille, rendait notre vision de nuit assez clair. Il a suffit de peu de pas pour se rappeler que nous etions en haute altitude... la respiration etait rapide et difficile malgre la lenteur des pas. Je me sentais quand meme bien cependant. Nous avons mis un peu plus d'une heure pour atteindre le glacier. Alors, en l'espace d'un moment, nous etions projetes dans notre hiver quebecois... c'etait beau d'entendre la glace craquee sous nos crampons... je me sentais dans mon element. L'ascension ne fut pas facile. Certains passages avaient 40-50º de pente. Il fallait toujours bien se concentrer pour chacun des pas a faire. Aussi, nous avons ete confrontes a des crevasses parfois tres impressionnantes. Nous avons du sauter par dessus certaines et marcher juste a cote d'autres. Une de ces crevasses etait trop imposante pour que nous puissions la traverser sans echelle. La profondeur de cette crevasse donnait des frissons dans le dos. De plus, elle ne s'etait formee que depuis deux mois et demi... Comme quoi le glacier est toujours en mouvement. Presqu'a chacun de nos arrets, je me remplissais les yeux d'etoiles.Puis, a un certain moment, est apparue la lune...elle etait magnifique! Et comme si l'exaltation n'etait pas suffisant, la lueur du jour fit son apparition peu de temps apres. On ne peut pas s'imaginer qu'une telle beaute existe sans en etre temoin une premiere fois. On pouvait voir en contre-jour, la silhouette du glacier, laissant ainsi paraitre, son impressionnant visage. Puis l'altitude me rattrappa... A la barre des 5500 metres, elle boulversa suffisament mon organisme pour le rendre malade. Bizarrement, je me sentais quand meme assez bien. Pas de maux de tete ou autres symptomes du mal de l'altitude... Seulement ces vomissements. Chrystine, pour sa part, due endurer un horrible mal de tete presque du debut jusqu'a la fin. Nos pas se faisaient de plus en plus lourds et notre respiration encore plus difficile. Mais voila que le soleil se montra le bout du nez, pour nous encourager. Sa lumiere sur la glace, sur les falaises, sur le tapis de nuages d'ou pointaient d'autres sommets environnants, nous a offert un spectacle inoubliable! Bien avant d'arriver au sommet, j'ai commence a ressentir la fatigue. Du fait d'avoir ete malade, je n'avais plus rien ou puiser mon energie. Il ne me restait que la determination, que le desir de me rendre au sommet. La derniere centaine de metres fut tres penible. J'avais peine a faire un pas, puis un autre. De plus, il m'aurait fallu deux autres paires de poumons supplementaires pour pouvoir bien respirer. Cependant, j'etais heureux et excite de voir la derniere courbe de sa silhouette avant le sommet. Mes derniers pas marquerent un grand soulagement et une grande fierte. Nous y etions!!! J'avais de la misere a le croire... Le petit Benoit etait au sommet de ce geant! La beaute, l'immensite, le cratere du volcan eclaire par la lumiere du matin, m'arracherent des larmes de bonheur. Chrystine s'est alors approchee, je l'ai prise dans mes bras et nous avons pleure ensemble notre joie et notre emerveillement. Puis, j'ai regarde autour de moi, sur 360º, et il n'y avait rien a dire. Seuls mes pleurs continuaient sans cesse. On ne peut que pleurer une telle beaute. On ne peut pas la dire, ni la decrire. Ce fut un Grand moment dans ma vie...le plus grand jusqu'a maintenant. Avoir pu le partager avec Chrystine, me fait sentir choye et ajoute a son unicite. Quoi demander de mieux pour son anniversaire. L'ascension du Cotopaxi dura 6 heures. Son cratere fait 800 metres de diametre et 250 metres de profondeur. Aussi, le glaicier au sommet, fait 80 metres d'epaisseur...de quoi impressionner n'importe qui. Apres 30 minutes a admirer ce chef d'oeuvre, Pablo nous incita a descendre. J'aurais voulu y rester encore et encore. Craignant d'etre malade a nouveau, je n'avais rien mange au sommet. Apres quelques minutes de descente, j'ai eu une autre perte d'energie importante. La descente fut donc longue et penible. plusieurs pauses ont ete necessaires. Chacune d'elles etait en fait, une belle occasion d'admirer le paysage, les differentes formes et textures formees par la fonte du glacier...magnifique!. La descente s'est quand meme bien passee. A la lumiere du jour, nous pouvions apprecier davantage, la profondeur et la beaute des crevasses. Une fois arrive au murret de pierres du refuge, j'ai attendu Chrystine pour que l'on mette en meme temps, le pied sur la ligne d'arrivee. Il etait important pour moi, que l'on marque ensemble, le reel succes de notre ascension. Merci Cotopaxi, pour ce cadeau d'anniversaire a tout jamais, grave dans ma memoire! Et voila qu'une autre belle aventure commence pour nous... celle de partager notre voyage a velo avec une belle aventuriere et amie, Marie-Josee. Elle sera avec nous pour les 6 prochaines semaines, afin de parcourir les magnifiques Andes peruviennes. Bienvenue Marie-Josee! A bientot! Benoit Le 15 octobre 2001, Quito, Equateur MERCI COLOMBIE! D'abord MILLE GRACIAS a tous ceux et celles qui m'ont fait parvenir des souhaits d'anniversaire. Vous dire le bonheur que j'ai eu a lire vos messages qui m'ont beaucoup touche. Vos messages sont precieux pour moi! Dans mon dernier texte, je vous promettais de vous parler des Andes. Elles me font vivre tant de moments exaltants et excitants. En fait, leur beaute est tellement grande, qu'elle est difficile a mettre en mots. Les Andes sont genereuses. Elles vous en mettent plein la vue sans cesse. Parfois, l'erosion a sculpte sur leurs flans, des cretes aiguisees comme des lames de rasoirs, dessinant ainsi, des canyons aux profondeurs impressionnantes. Une image restera gravee dans ma memoire...sur une de ces cretes, la route. Ainsi, de chaque cote de celle-ci, des falaises escarpees nous donnant acces a des paysages incroyablement beaux. A gauche comme a droite, d'autres montagnes decoupees en mille et une parcelles de terre de couleurs differentes...on aurait cru rouler sur une gigantesque couverture rapiecee. Les Andes sont parfois recouvertes d'une vegetation luxuriante et parfois, elles sont arides et meme desertiques. Ainsi, elles passent des differentes teintes de vert, aux teintes de jaune, de rouge, de brun et de beige. J'ai souvent l'impression de n'avoir jamais rien vu d'aussi beau. Et pourtant, au tournant suivant, elles m'en offrent encore plus. Bien que maintenant en Equateur, je vous parlerai davantage de ce que nous a fait vivre la derniere partie de la Colombie, que nous avons parcouru. L'interet du voyage a velo, c'est entre autre, de decouvrir d'autres cultures, de sortir de notre environnement ouate et de vivre d'autres facons d'etre, d'autres facons de faire. Par exemple, il nous arrive de manger dans de mini-resto sur le bord de la route, tellement le repas y est peu cher et quand meme bon et copieux. Il nous ait parfois arrive de trouver dans notre assiette, des intrus comme par exemple, des cheveux. Mais un de ces midis, je prend une bouchee de mon riz et SURPRISE!!! Qu'est-ce qui en sort?...Une belle araignee grise! Heureusement, je ne l'ai pas croque. Quoique pedaler avec six pattes de plus, aurait surement ete plus rapide. Je l'ai donc aide a sortir de la et j'ai poursuivi mon repas en souriant. Chez-nous, au Quebec, une telle situation aurait provoque un drame. Mais ici, ce n'est rien de grave... C'est fou comme nos references changent avec l'experience du voyage...et ca me plait. L'interet du voyage a velo, c'est aussi de gouter au maximum, aux moments de bonheur que nous offre la Vie, aussi simples soient-ils. Vous dire jusqu'a quel point il est rafraichissant de boire un bon jus d'orange fraichement presse et sucre de miel, alors que vous montez sans cesse depuis plusieurs dizaines de km. Ou encore, vous dire le plaisir d'une bonne douche chaude, apres une grosse journee a pedaler sous la pluie et l'air frais des montagnes. Vous dire aussi, l'excitation de partir en autobus un beau matin, pour aller voir les eaux termales de San Juan, dans le parc Purace. En fait, pour s'y rendre, nous sommes passes de 1500 a 4000 metres d'altitude, montant sur une route de terre sinueuse ou la mort vous sourit a chacune des courbes. Puis, une fois sur place, nous avons decouvert ces eaux sulfureuses, chaudes et bouillonnantes, dont la source vient des profondeurs de la terre. Ces eaux ont cree un paradis de couleurs. Elles ont donne aux pierres, des teintes de jaune, de beige, de rouge et de rose. Tout autour de ces pierres, les differentes teintes de vert des mousses et des arbustes, creant des harmonies de couleurs naturelles tout a fait extraordinaires. Un autre moment inoubliable fut de dormir chez des colombiens qui etaient tres heureux de nous offrir un toit pour la nuit, en compagnie... des poules! Ca nous a fait sourire de dormir dans le poulaille et nous etions tres heureux d'avoir un abri securitaire pour la nuit...en effet, rien de mieux que des poules pour suveiller nos velos! Dans la region de Pasto, nous nous sommes fait embarquer par un camion tranportant de la crema glacee (au grand bonheur de Chrystine), afin de passer de facon securitaire, une zone rouge de guerilla. Aussi, il fallait faire vite pour sortir du pays avant l'expiration de nos visas. Alors pour ceux qui trouvent que nous sommes fous de voyager a velo, il vous faut savoir que sur les 160 km parcourus en camion, nous avons passe a un doigt de faire deux faces a faces dont le deuxieme avec un poids lourd depassant dans une courbe; Aussi, le bras d'embraillage s'est completement arrache a un certain moment et le moteur a fait defaut a un autre. Comme quoi les notions de facilite et de securite sont bien relatives. La Colombie nous a comble. C'est vrai qu'il ne faut pas oublier que ce pays vit un conflit armee et cela est loin de faire la fierte de son peuple. Mais tout en etant prudent, il ne faut surtout pas se priver de la decouverte des richesses naturelles et humaines de ce merveilleux pays.Parlant de ces dernieres, je ne peux terminer ce texte, sans remercier tous les colombiens sur la route, qui nous ont offert leur aide, leur hospitalite ou tout simplement, leur sourire. Un merci particulier a Jaime Salazar, rencontre a Pasto. Cette rencontre fut une belle conclusion a notre visite en Colombie. La gentillesse, la spontaneite et la generosite de cet homme, n'ont pu que susciter mon admiration. Il nous a fait vivre des moments extraordinaires comme celui de partger la passion sportive de son peuple (assister a une partie professionnelle de soccer), comme celui de nous faire decouvrir un bel endroit de sa region (le lac Cocha) et comme celui de prendre un tres bon repas entre amis. Merci Jaime! Nous avons quitte la Colombie avec le desir tres fort...d'y revenir! Passer la frontiere de l'Equateur fut tres excitant car elle marquait une autre etape de ce voyage. Deja apres les premiers coups de pedale en terre equatorienne, je savais qu'elle serait aussi genereuse avec nous. Je vous en parlerai davantage dans une prochaine mise a jour. Cependant, je peux tout de suite, vous mettre l'eau a la bouche... En guise de cadeau d'anniversaire, Chrystine et moi sommes alles faire l'ascension du volcan Cotopaxi, culminant a 5895 metres d'altitude. Ce fut un grand moment dans ma vie. Je vous en reparle. A la prochaine! Benoit
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Le 20 septembre 2001, Medellin, Colombie DE QUEL COTE PENCHER? La Colombie...pour certains, elle laisse un frisson froid dans le dos et pour d'autres, elle represente les beautes naturelles et la bonte humaine. De quel cote pencher? En partant de Carthagene, nous avions des apprehensions. La mauvaise reputation de ce pays (drogue, violence...) nous incitait a la peur, au doute, a la fermeture. Nous demandions aux gens quelles regions etaient moins touchees par l'action de la guerilla et a toutes les fois, on nous repondait la meme chose... "C'est dangereux PARTOUT!". Que faire? Me laisser envahir par la peur...aussi bien retourner a la maison...jamais de la vie! Non, j'ai prefere me remettre dans un etat d'esprit positif et incite Chrystine a faire de meme. Vallait mieux reprendre confiance et cesser de laisser les gens nous communiquer leurs peurs. De toute facon, nous etions d'accord pour traverser la Colombie a velo, alors vallait mieux le faire avec le sourire tout en etant tres prudent. La guerilla a commence son action au debut des annees 1950. En fait, ce sont des gens du peuple qui ont decide de se lever et d'agir contre les injustices gouvenementales dont ils etaient victimes. Ils se sont donc rassembles et organises pour etre plus forts. Avec le temps, les moyens de pression et de revendication de la guerilla sont devenus de plus en plus drastiques et violents (meurtres, enlevements, attentats, etc.). Ainsi, un climat de terreur s'est installe au sein du peuple car meme les petits villages ou vivaient paisiblement les paysans, ont ete pris comme cibles et des milliers de personnes innocentes ont ete tuees. Les gens vivent donc quotidiennement, avec ces histoires d'horreur en memoire. De plus, encore aujourd'hui, il a y des incidents de toutes sortes qui se produisent et qui continuent d'alimenter cette peur chez la population colombienne. On ne peut donc pas leur reprocher d'avoir peur pour nous. Outre ces actions extremes de revendication de la guerilla, il y a les guerres entre cette derniere, l'armee et les paramilitaires. Tous se battent entre eux pour faire valloir leur ideologie et avoir leur part du gateau. Il nous a fallu peu de temps pour se rendre compte que cette tension que l'on nous disait omnipresente, n'etait pas palpable pour les deux blancos a velo que nous sommes. .Nous avons du passer des zones de controle de l'armee ou des territoires controles pas la guerilla mais a chaque fois, les hommes armes nous regardent passer sans faire de problemes. On nous salue meme parfois. J'avoue qu'une fois, nous avons passe les fesses serrees (c'etait bien pour Chrystine car son ventre gargouillait pas mal) mais nous ne nous sommes pas senti menace plus que ca, que ce soit dans les grandes villes, a la campagne ou a la montagne. Au contraire, les gens rencontres sur la route se sont reveles etre d'une gentillesse et d'une generosite remarquables. Evidemment, nous sommes toujours tres prudents et ne prenont pas a la legere la realite colombienne mais jusqu'a maintenant, nous sommes enchantes par la decouverte de cette culture latine. Il nous a fallu 6 jours de route avant qu'elle se revele a nous dans toute sa splendeur. J'avais hate de la retrouver car elle seule me donne autant d'energie et de plaisir a vivre cette aventure...la MONTAGNE! En fait, elle s'est presentee a nous de facon assez imposante...la premiere journee dans les Andes representa presque 40 km de montee continuelle. Heureusement qu'avant d'arriver a la montagne, nous nous etions payes une seance de bain de boue des plus vivifiante... Il faut que je vous raconte... Nous roulions tranquillement quand tout a coup, Chrystine voit une indication "bain de boue volcanique". Non, mais, on veut rire de nous! Un volcan alors que tout est plat...c'est une blague! Nous avons voulu assouvir notre curiosite et sommes alles voir. En fait, il s'agissait d'un trou dans lequel de la terre glaise faisait des bubulles. Un homme nous incita a y plonger avec sensation garantie...mais quelle sensation? Nous avons hesite car de droles de pensees nous venaient a l'esprit..."ca l'air vraiment degueulasse"..."peut-etre serons-nous l'assaisonnement pour la soupe d'un party cannibale"..."Imagines-tu les millions de bacteries qui baignent la dedans et qui salivent deja!". "Bon, qu'est-ce qu'on fait?"." On ne vivera ca peut-etre qu'une fois dans notre vie et en plus, c'est 50 cents" me dit Chrystine. "D'accord, on y va!". Chrystine fut la premiere a saute dans cette soupe glaiseuse pendant que je prenais la camera. A entendre ses eclats de rire et ses cris communicatifs, je sus tout de suite que c'etait le BONHEUR! Effectivement, quelle belle sensation de sentir cette boue, parfois chaude, parfois froide, recouvrir mon corps. J'avais vraiment l'impression d'etre dans une autre dimension...d'etre comme en apesanteur. Vous etes ni dans l'eau, ni sur la terre et pourtant vous flottez comme si votre corps pesait une plume...relaxation sensuelle extraordinaire. Chrystine et moi, seuls, au coeur de ce volcan bouillonnant de sensualite... je ne vous raconte pas le reste. Revenons a la montagne...Les Andes nous ont revele que leur petit orteil et deja, elles nous comblent...son air frais, ses petits villages a flan de montagne, ses routes en lacets, ses falaises vertigineuses, etc. En fait, je me suis fait deja trop long. J'aurai d'autres occasions de vous raconter l'emerveillement et les frissons qu'elle suscite en moi. Alors, de quel cote pencher? De cote du sourire! Ciao!
Benoit Le 6 septembre 2001, Carthagene, Colombie AU FIL DU VENT ET DE LA MER Depuis Panama City, notre premiere preoccupation etait de trouver un bateau qui nous menerait jusqu'en Colombie. Pas evident! En fait, impossible d'en trouver un a partir de Panama City. Nous avons du mettre une croix sur notre desir de traverser le Canal de Panama. C'est donc sur deux roues que nous avons quitte la cote du Pacifique pour arriver sur la cote Atlantique. Une fois a Colon, l'aventure s'est poursuivi. Difficile d'avoir de l'info au sujet des bateaux partant pour la Colombie. Les seules que nous avions, nous menerent jusqu'au port de Coco Solo. J'ai tout de suite ete impressionne par l'etat d'insalubrite et de pauvrete de cet endroit qui semble etre le point de rencontre des gens peu recommandables. Pendant que Chrystine essayait d'avoir plus d'info, je gardais les velos avec tous mes sens a l'affut. Impossible d'avoir plus d'info. Impossible de parler aux capitaines de bateau. Bref, des efforts non fructueux. Nous avions eu un contact a Panama City...Federico Belloni. Un italien possedant un voilier de 38 pieds et faisant la traversee Panama-Colombie...7 jours en passant par les iles San Blas. Nous aurions prefere trouver pour moins cher mais rien d'autre ne semblait vouloir debloquer. Aussi, Chrystine et moi revions depuis longtemps, de vivre l'experience du voilier en mer. C'etait donc notre chance. Nous avons commence la traversee le 31 aout. La 1iere journee...7 heures de navigation a regarder le ciel...et oui,j'ai du rester coucher sur le banc du voilier apres avoir rejeter tout mon dejeuner...mal de mer obligea. Chrystine, de son cote, s'en tira a bon compte. Ensuite, ce fut genial! Voici quelques moments de bonheur savoures: Assis sur le devant du bateau, les pieds pendants et caresses par les vagues se fracassants sur la coque...sensation de liberte incroyable. N'entendre que le vent dans les voiles et les vagues de cette immensite marine. Naviguer sur une mer calme et au clair de lune. Voir sauter hors de l'eau, des bancs de poissons donnant l'impression d'un nuage au dessus de l'eau. Federico qui prend un enorme macarel au bout de sa ligne...quelle excitation! Mouiller l'ancre juste a proximite d'une ile deserte (Iles San Blas) ou les palmiers, le sable blanc, l'eau d'un bleu azur, les coraux et les poissons multicolores vous donnent l'impression de vivre un reve. Une famille indienne (Kunas) venant a notre rencontre dans une barque faite d'un seul tronc d'arbre, pour nous vendre leur artisanat dont les molas (bouts de tissus superposes, decoupes et cousus a la main, tous plus colores les uns que les autres). S'endormir en se laissant bercer par les vagues... Mais le plus beau clin d'oeil de cette traversee est sans doute la rencontre avec les dauphins.Quel moment de bonheur de les voir jouer devant le voilier, a quelques centimetres de la coque...Quel agilete! Quelle vitesse! Outre l'emerveillement de les voir zigzager et sauter, ce desir d'aller les rejoindre, d'aller jouer avec eux, d'aller les toucher pour leur traduire ma reconnaissance de ce moment merveilleux qu'ils nous ont offert a 3 reprises. Je ne peux presque croire que nous avons fait toute cette traversee sur une mer aussi calme, aussi gentille avec nous. Nous sommes si petits! Mille merci a Federico (federicobelloni@hotmail.com) et Mileydis, sa conjointe, pour cette belle experience en mer. Malgre cette derniere, je vous avoue preferer avoir les 2 roues sur terre. Pedaller est devenu une seconde nature...j'ai hate. Les montagnes de la Colombie nous appellent.
A bientot!
Panama City, Panama, le 22 aout 2001 LE BONHEUR DU RETOUR SUR LA ROUTE Hola!Voila presque 3 semaines que cette 3ieme etape est commencee. Mon arrivee a San Jose, Costa Rica, fut des plus intenses et excitante car non seulement je faisais mon premier pas dans cette 3ieme etape mais aussi parce que deux fleurs m`attendaient... Chrystine et celle qu`elle tenait a la main. Des mon arrivee, je fis la connaissance de gens extraordinaires...David, Louise et leurs filles, Chantal et Felicia. David travaille comme conseille en developpement pour l`ACDI (Association canadienne de developpement internationnal). Ils nous ont accueilli dans leur demeure avec beaucoup de generosite. Deja, cette premiere rencontre donnait le ton a ce debut d`aventure en terre d`Americaine latine. Apres une conference dans une ecole et les derniers preparatifs, la route nous souriait. Elle nous amena dans la montagne car la mer nous attendait de l´autre cote. Mon corps, pas assez entraine a ces conditions, fut durement mis a l`epreuve...montees abruptes, chaleur et humidite. Heureusement, la decouverte adoucie la douleur du corps...imaginez la beaute des paysages montagneux et la vegetation luxuriante, des arbres avec 6 types de feuilles differentes a leur bord, des papillons multicolores et fluorescents, des petits villages qui fourmillent de gens criant "Hola" a notre passage, etc. En cette saison des pluies, les orages sont presents presqu'a tous les jours. Vous dire les spectacles sons et lumieres auquels nous avons ete convies a plusieurs reprises. Imaginez des eclairs se divisant en une dizaine de branches, se deplacant a l'horizontal et lechant les nuages telle un frisson dans votre dos. Moment magique! Puis la mer et ses plages de sable fin nous apparaissent. Elle nous a inspire une nouvelle version du "Lagon bleu"...Chrystina et Benito s'approche lentement, main dans la main, de cette mer chaude et claire. Elle bouillonne d'amour et de romantisme a notre contact. Nous savourons ce contact sensuel de nos corps dans cette eau salee. Il pleut des baisers et nos mains sont pleines de plaisir...puis tout a coup...Outch!!! Ayoye donc!!! Un crime de gros crabe vient de me pincer la grosse orteil...c'est le boutte, du boutte!!! Je sors de l'eau avec l'orteil ensanglante. Je vous dis que ca vous coupe le romantisme assez vite. Finalement, le crabe normalement peche, venait de pecher...nos peches! Sur la route, des enfants partout. D'innombrables idees vous viennent en tete lorsqu'un de ceux-la vous regarde de ses yeux noirs, alors que vous vous regalez d'un peu de pain et d'une tomate. Vous pouvez lire la faim sur son visage mais malheureusement, vous ne pouvez sauver le monde...vous ne pouvez que decrocher un sourire, en lui partageant un biscuit sec. Nous avons passe la frontiere Costa-Rica, Panama le 12 aout et sans aucune difficulte. Panama City...des impressionnants edifices modernes du centre-ville, nous sommes passes au cartier de la Vieille ville afin de s'y trouver un lit. Un cartier magnifique ou l'architecture a tendance espagnole domine. Un cartier ou des milliers de personnes s'entassent dans de minuscules appartements; un cartier ou la vie est a l'etat brute, ou chacun lutte pour sa place, ou chacun lutte pour sa vie. Dans cette Vieille ville, cette merveilleuse impression d'etre reellement ailleurs...c'est elle que je recherche tant. Milles merci a Alex, a la famille Morris, a la famille Kant, a la famille Ostia, aux gens de l'ambassade du Canada au Panama et a tous les autres qui ont bien voulu nous tendre la main et prendre du temps pour nous aider. Merci egalement a vous qui m'ecrivez. J'ai toujours hate de vous lire. Hasta luego!
Benoit Baie-St-Paul, Québec, le 21 juillet 2001
À L’ORÉE DU DÉPART Me voici à nouveau, à l’orée du départ. Le troisième. Avant même de partir, le vie se charge de mettre sur ma route, des surprises…de belles surprises. Ces dernières m’ouvrent des portes sur de plus grands inconnus. La plus belle de ces surprises se nomme Chrystine Roy. Nous nous sommes connus, il y a un peu plus d’un an. Nos choix du moment favorisaient la réalisation de nos rêves respectifs, chacun de notre côté. Pour Chrystine, la Descente des Amériques… un périple de plus de 25 000 km à vélo, la menant de l’Alaska jusqu’à la Terre de Feu (Amérique du Sud)(www.novanor.qc.ca/desc-ame). Pour moi, la poursuite de mon tour du monde à vélo avec la seconde étape qui se pointait à l’horizon, c’est-à-dire l’Europe. Quelques semaines après mon retour de l’Europe, j’ai eu la surprise d’apprendre que Chrystine devait interrompre momentanément son aventure afin de subir une opération à l’épaule gauche. Ces quelques mois de convalescence au Québec, nous ont permis de se retrouver. Voilà que la vie se chargeait de croiser nos routes à nouveau. Il n’en fallait pas plus pour que le partage de nos passions, de nos valeurs et de sentiments, fasse de nous des compagnons de route…des compagnons de vie. Lâcher prise. Se lancer vers l’inconnu en ayant confiance. Cet inconnu prend le visage du voyage à vélo avec Chrystine plutôt qu’en solitaire et de partir du côté de l’Amérique centrale et du Sud, plutôt que d’aller traverser le Moyen-Orient, l’Asie et l’Australie. Concrètement, cela signifie que je pars rejoindre Chrystine le 3 août au Costa Rica. Ensuite, nous poursuivrons notre route vers les pays suivants : Panama, Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie, Chili et Argentine. Nous avons prévu environ 9 mois pour rouler ces quelques 13 000 km. Chrystine étant associée à la Fondation Canadienne Rêves d’Enfants, je me joint à elle pour tenter d’atteindre l’objectif de $125 000 fixé dès son départ. Dans
un bel élan de générosité, Chrystine eu l’idée de mettre
beaucoup d’énergie à ramasser des sous afin de permettre à des
enfants malades et souvent souffrants, de réaliser leurs rêves, comme
nous le faisons nous même. Ainsi, je vous invite à être généreux
et à participer à l’atteinte de cet objectif en envoyant vos dons
par chèque à l’adresse suivante : Mechtronix
Systems Je
vous remercie à l’avance au nom des enfants qui vivront des moments
de bonheur grâce à vous tous. Aussi,
je vous invite à suivre notre belle aventure à travers les mises à
jour que je ferai pour vous, le plus souvent possible et n’oubliez
pas que vos messages d’encouragement, sont toujours une source de
motivation très précieuse. Hasta
la vista! Benoit
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