Baie-St-Paul, le 16 décembre 1999

La tête dans les nuages et le vélo dans le garage

Salut tout le monde !

Désolé de ne pas vous avoir écrit avant. Maintenant que je me suis trouvé un endroit où demeurer et un emploi (sur appel), je peux tourner à nouveau mon regard vers mon aventure. En fait, j’ai déjà la tête dans les nuages en direction de l’Europe. Mais avant de préciser quoique ce soit, j’aimerais avoir vos idées à différents niveaux :

1) Connaissez-vous des endroits, des événements, etc. qui serait intéressant pour moi de voir et de vivre en Europe ?

2) Connaissez-vous des gens qui seraient très heureux d’avoir de la visite du Québec ?

Aussi, le désir de traverser l’Atlantique en voilier fait également parti de mon rêve. En fait, j’aimerais vivre l’expérience du voilier et du même coup, y travailler afin de diminuer les coûts du voyage vers l’Europe. Alors…

3) Connaissez-vous des personnes qui auraient besoin d’un matelot ou qui pourraient me donner des informations à ce sujet ?

Je voulais également vous demander de ne pas perdre patience. Quelques difficultés ralentissent la bonification du site avec des cartes, de nouvelles photos, etc. Vous pourrez voir tout cela bientôt.

Je termine en vous souhaitant de Joyeuses Fêtes et profitez au maximum de cette vie qui roule sans attendre.

Salut !

Benoît

Baie-St-Paul, le 13 novembre 1999

L'AVENTURE CONTINUE

Salut tout le monde!

Voilà maintenant 10 jours que je suis arrivé dans Charlevoix. Pas besoin de vous expliquer l'intensité et l'excitation de mon arrivée à Baie-St-Paul: retrouver les amis qui me sont si chers, reprendre contact avec les paysages charlevoisiens que je trouve toujours aussi magnifiques et réaliser vraiment que la boucle de cette première étape est maintenant bouclée.

Mais l'aventure continue: recherche d'un endroit où demeurer, recherche d'un emploi, faire le bilan de cette première étape, préparation des diapos-conférences, travail à faire sur le site internet, contacter les commanditaires, etc.

Malgré tout ce que j'ai à faire, je n'ai pas vraiment le goût de reprendre le rythme fou que j'avais avant mon départ. Je désire plutôt, continuer de faire confiance à la vie et ne pas chercher à tout contrôler. Si cela fonctionne sur la route, pourquoi n'en serait-il pas ainsi maintenant. Évidemment, je ferai ce que j'ai à faire avec énergie mais je ne veux pas me laisser étouffer pas le stress et l'insécurité qui nous incite à vouloir tout contrôler.

Quelques mois s'écouleront avant le début de la deuxième étape. Mais je vous invite à continuez de visiter mon site d'ici là, car j'ajouterai de temps à autre, de nouvelles informations(ex.:bilan financier de la première étape, galerie photos, calendrier des diapos-conférences, etc.).

Pour terminer, mille merci à vous tous qui m'avez soutenu durant cette première étape. Vous ne pouvez pas vous imaginez le plaisir et le bien-être que m'ont fait vivre vos messages si précieux. Merci également à vous tous qui suivez mon aventure à travers le site. C'est un vrai plaisir de la partager avec vous.

Je vous écris à nouveau le plus tôt possible.

Salut!

Benoit

Montréal, le 27 octobre 1999

DES FOURMIS DANS LES JAMBES

Salut tout le monde!

Je suis à Montréal depuis samedi, le 23 octobre. C'est vraiment bon et excitant de revoir les amis. Il y a des moments où mon retour me semble même irréel. Deux raisons expliquent cette impression : 1)l'immense bonheur à passer du bon temps avec mes amis me donne parfois l'impression de rêver; 2)Par moments, je ne peux croire que je suis déjà de retour.

Avec ce retour en terrain connu, est apparue la détente. Avec cette détente est apparue la fatigue. Une journée complète sur le dos...repos, repos, repos...c'est tout ce que mon corps réclamait. Ce ne fut pas très long cependant, qu'il reprit ces énergies et qu'il me laissa l'impression de fourmis dans les jambes...j'ai le goût de pédaler.

Je repars donc demain, direction Charlevoix. Avec quelques escales à Drummondville, Plessisville et Québec pour voir famille et amis, je devrais être à Baie-St-Paul, mercredi prochain en fin de journée. Ce sera alors, la fin réelle de cette première étape et le début de la deuxième.

Salut!

Benoit

Aylmer, le 21 octobre 1999

ME VOICI AU QUÉBEC!

"Bienvenue au Québec...Merci beaucoup!"...Voilà ce que je me suis dit hier, en passant la frontière québecoise, à Portage-du-Fort. A suivi ensuite un "Ouéh!" de satisfaction. En fait, j'ai réalisé qu'il y a quelques semaines, j'appréhendais ma traversée de l'Ontario et voilà que c'est déjà, chose du passée. De plus, "je l'ai trouvé beau, moi, l'Ontario"... non, non, n'ayez crainte... pas de pouésie pour aujourd'hui!

Une personne sur la route m'a fait réaliser, que même à la fin de la première étape, j'ai les yeux qui brillent comme si je la commençais. Agréable constat.

L'excitation est très grande à l'idée de revoir la famille et les amis. Je suis présentement à Aylmer, chez France, Christian et leur petite puce, Florence. Ils sont en fait, mes premières victimes...j'ai tant de choses à raconter et qu'elle plaisir de les partager.

Malgré la passion du voyage à vélo, c'est bon de revenir chez soi.

Benoit

Sudbury, le 16 octobre 1999

POUÉSIE POUR L'ONTARIO!

Me voici pouète pour un instant.
Le temps de vous montrer mon talent.
Lisez bien attentivement.
Ces quelques lignes dont vous vous souviendrez longtemps.

Mettons maintenant, les points sur les "Z" et les barres sur les "O".
Où êtes-vous les nonos qui m'ont dit que l'Ontario, ce n'était pas beau?
Où regardez-vous donc ma gang de marlots?
N'avez-vous pas vu ses lacs et ses îlots,
ses rivières et ses ruisseaux,
ses castors et ses orignaux,
ses mélèzes et ses bouleaux,
ses fleurs et ses oiseaux,
ses maringouins et ses brulots.

Lâchez donc le McDo.
Mangez plutôt sur le bord de l'eau.
Sortez votre réchaud
et faites vous cuir de belles langues de taureau.
Laissez aussi la transcanadienne pauvres machos,
et n'ayez pas peur de salir votre belle auto.

Malgré qu'il n'a pas fait toujours beau.
Malgré qu'il n'a pas fait toujours chaud.
Malgré les gouttes au bout de mon museau.
Malgré le fait d'y avoir laissé quelques kilos.
Malgré les trous sur la route qui m'ont fait sonner les grelots.
Je l'ai trouvé beau moi, l'Ontario!

Votre Toto à vélo,
Benito

(Je promets de ne plus vous en faire comme celle-là. Hahahaha!!!!)

PS: Je dédie cette pouésie à mes amis Pierre-André et France, pour leur amour des mots, des vrais!

Thunder Bay, le 5 octobre 1999

FRISSONS FROIDS EN ONTARIO

Non, ce n'est pas une histoire d'horreur que je vais vous raconter cette fois-ci, mais plutot, une histoire d'hiver. Et oui, le 2 octobre, au nord de l'Ontario, c'etait l'hiver. Pour le petit gars en velo, ce n'etait pas chaud. En fait, on dirait que je ne fais pas bon menage avec cette partie du pays. Le tout a commence avec une belle chute. Croyant que l'accottement etait bien solide, je me suis tasse car un camion s'approchait. Ce fut alors, le derappage dans une gravel plutot molle. La chute fut tellement rapide, que je n'ai pas eu le temps d'enlever mes pieds des fixations et ma hanche, mon genoux, mon epaule, mon coude, et mon petit doigt du cote gauche, prirent le coup sur la chaussee. Heureusement, pas de blessure grave. Que des ecchymoses sur ces parties de mon corps. (Pour une premiere en 4 mois, y a pas de quoi se plaindre).

Le lendemain, 30 septembre, je crois que j'ai eu toute la pluie que je n'avais pas eu durant tout mon voyage.Une pluie froide, parfois forte, est tombee toute la journee, me glacant jusqu'au os (Pour une premiere en 4 mois, y a pas de quoi se plaindre).

Heureusement que j'ai rencontre Brandon a Kenora, et il m'a invite a profiter de la douce chaleur de son foyer. Le 1er octobre, apres une presentation de mon aventure devant quelques classes de l'ecole, j'ai poursuivi ma route. Il faisait plutot froid (1-2*C.). J'ai du parfois, m'arreter pour me rechauffer les mains. De plus, en fin d'apres-midi, de la neige et une tempete de grele ont ralenti ma progression.

Le lendemain, le 2 octobre, ce fut l'hiver en Ontario. A mon depart, il y avait de la neige au sol, la chaussee etait glacee par endroits et il faisait - 4,-5*C.(avec le facteur vent, environ - 10*C.). Pas besoin de vous dire que le gros morceau que j'ai au milieu du visage, etait bien gele. Depuis ce temps, le soleil se montre le bout du nez et tout va bien.. Pour terminer cette enumeration en beaute, je dois vous dire que mon support arriere sur le velo s'est casse et j'ai fait deux crevaisons.

Malgre ces moments un peu plus difficiles, le moral tient le coup. Je crois que c'est grace en partie aux belles rencontres que je fais. Entre autre, a Upsala, j'ai rencontre Linda Fair. Elle a 46 ans et elle traverse aussi le Canada. Par contre, elle le fait avec un tricycle pour adulte derriere lequel est attache une remorque et tout cela, est tire par ses 6 chiens de traineau. Cette femme est d'une simplicite et d'une gentillesse deconcertantes. Etant diabetique, elle dedie son aventure a cette cause.

Je suis presentement a Thunder Bay. Je me repose une journee, chez Micheline Tamminen et sa famille. Micheline est une amie de Brandon(Kenora). Elle m'a accueilli les bras ouverts. Incroyable mais vrai, Elle a accueilli egalement mon ami Pierre Bouchard, il y a 8 ou 9 ans, lors de sa premiere etape d'un long voyage a velo. A ce moment la, Pierre voyageait avec Steeve Bellemare et on les appelait "les freres velcro". Drole de hasard, si hasard il y a. La vie est vraiment surprenante parfois.

Sur ce, je vous fais un joyeux clin d'oeil.

Salut!

Benoit

Winnipeg, Manitoba,le 27 septembre 1999

Apres la tentative de vol, c'est moi qui vole...en avion!

C'est a St-Claude, un petit village francophone du Manitoba,que j'ai rencontre Robert et Josiane De Smet. Ils m'ont ouvert leur porte avec une generosite exeptionelle. En plus de m'offrir de bons repas et un lit confortable, ils ont pris le temps de me faire connaitre des gens et les endroits interessants de leur region...comme j'aime le faire. Ce qui a ete le plus surprenant pour moi, ce fut qu'ils m'invitent a faire un tour de Cessna(petit avion a 4 places)le lendemain de mon arrivee. En fait, ils en possedent un et ce fut absoluement splendide de decouvrir les plaines du haut des airs.Quel magnifique spectacle de voir les multiples couleurs des champs de cereales et les differentes teintes creees par le va-et-viens des moissonneuses-batteuses.Ajoutez a cela les couleurs automnales des feuilles...paysages d'une beaute exceptionnelle.

Comme si mon excitation n'etait pas assez grande, Robert decida de se poser pour aller rendre visite a des amis hutterites. Les Hutterites. vivent en colonie. Ils font presque tout en commun(travaux sur la ferme,repas,etc).Leurs vetements les caracterisent: les femmes portent la robe longue et le bonnet, alors que les hommes portent les bretelles. Lors des repas, les hommes et les femmes mangent separement. Aussi, les hommes doivent porter la barbe apres le mariage .Certaines de ces coutumes tendent a disparaitre cependant.Il y a plusieurs colonies au Manitoba. 17 familles vivent dans la colonie que nous avons visite, ce qui represente environ 70 personnes. Mettant leur argent en commun, ils peuvent se permettre d'avoir l'equipement agricole des plus modernes.

Robert enseigne aux jeunes Hutterites. C'est par un systeme de cameras et de televsions, qu'il peut enseigner en meme temps, dans les ecoles de 8 colonies differentes. L'hutterisme n'est pas une religion en soi. C'est plutot un mode de vie different.

Malgre un premier contact plutot froid, ce fut drolement interessant de voir leur milieu de vie, de prendre le diner avec eux et de jouer avec les enfants avant notre depart. Quel bonheur d'avoir pu prendre contact avec ces gens.

Josiane et Robert sont venu me reconduire en auto jusqu'a Winnipeg. En faisant un bon detour, ils m'ont fait voir la region des terribles innondations qui se sont produites il y a quelques annees, le long de la riviere rouge.

Presentement,je reside chez une amie de Josiane et Robert, madame Lemay. Comme mon aventure ne cesse d'etre interessante, madame Lemay est la petite-niece de Louis Riel...oui,oui, le vrai Louis Riel. Pas besoin de vous dire que j'ai tout un cours d'histoire avec cette charmante dame. Cette rencontre pique vraiment ma curiosite au sujet de notre histoire, que je trouve tout a fait interessante.

Voila pour les dernieres nouvelles. Je devrai passer les frontieres de l'Ontario, le 29 ou le 30 septembre...j'arrive!

A la prochaine!

Benoit

Wawanesa,Manitoba, le 23 septembre 1999

Ca roule, ca roule!

Allo la gang!

Me voici rendu au Manitoba. La vitesse qui m'est permise par les plaines et le vent de dos m'ennivre. Disons que c'est tres different des Rocheuses. Comme je l'apprehendais, les plaines ont beaucoup de cachet. Ce qui me frappe le plus, ce sont ces champs de cereales a perte de vue, ces leves et couchers de soleil exeptionnels et le ciel qui se fait omnipresent. J'ai eu droit egalement a de magnifiques aurores boreales en trois couleurs(rouge,vert et bleu).

Il y a quand meme parfois des longueurs. Par endroit, les champs sont laisses a l'abandon et ce n'est pas vraiment beau. Cela m'incite a me mettre sur le radar et a partir dans mes pensees. Je ne souffre pas cependant, des centaines de kilometres a faire dans les plaines. Ces provinces sont relativement petites et les etapes(frontieres) sont assez rapidement franchies.

Je suis reste 2 jours a Regina. J'avais besoin de repos. J'ai demeure dans un dortoir de l'Armee du Salut. Ce fut une experience particuliere car c'etait une premiere pour moi. L'ambiance etait plutot lourde car chacun fait ce qu'il a a faire sans poser de question et sans vouloir qu'on lui en pose. La situation se pretait surtout a l'observation. Drole de melange que de voir des gens sans abri, en cotoyer d'autres ayant de legers problemes de sante mentale, des problemes avec la justice, des problemes avec son velo, etc.

Avant de quitter Regina, j'ai fait une entrevue a la radio et a la tele de Radio-Canada. Ce fut tres agreable.

L'automne est maintenant present: les couleurs des feuilles changent, les bernaches qui par milliers, m'encourage a continuer, les centres d'info fermes, les journees qui se font de plus en plus courtes et les doigts geles le matin pour dejeuner.

Cette avant-midi, je suis alle me promener a travers champs et forets colores, avec 22 jeunes et 2 professeurs de l'ecole de Wawanesa. Je me suis arrete a cet ecole 10 minutes avant leur depart et il m'ont invite a me joindre a eux. Ce genre de situation fait parti des joies du voyageur a velo.

Merci a tous ceux et celles qui prennent quelques minutes pour m'ecrire. J'apprecie beaucoup!

A la prochaine!

Benoit

Acadia Valley, Alberta, le 15 septembre 1999

FRISSONS FROIDS EN ALBERTA!

Non, je ne parle pas de la temperature. En fait, pour ceux qui trouvent que mon aventure est ennuyante parce que tout va tres bien, qu’il n’y a pas de violence, ni de sang, alors j’ai une histoire pour vous (je sais que vous salivez deja, gang de...).

Le soir du 10 septembre, je me suis trouve un petit paradis pour m’installer. C’etait sur le bord d’une riviere, dans la foret et personne pour venir troubler ma quietude. J’etais a ce moment, pres de Drumheller.

Vers 2h30 dans la nuit, 2 voitures s’arretent dans le stationnement, pres de l’endroit ou j’etais. Pendant environ une heure, une dizaine de personnes ont crie, rit, bu, ecoute de la musique au maximum, casse des bouteilles, etc. Jusque la , ce n’etait pas si mal car ils ne m’avaient pas vu, ma tente etant cachee par les arbres. A un certain moment, ils ont decide de jouer les braves et d’aller marcher dans la foret. C’est alors qu’ils m’ont appercu. Certains d’entre eux sont retournes aux voitures en courant, mais deux gars sont restes pres de ma tente. Ils ont cries “HE!” a deux reprises mais j’ai prefere ne pas repondre. Deja a ce moment, mes palpitations cardiaques avaient augmente et ma respiration etait plus rapide. Je me laissais guider par mon instinct car je ne savais pas quoi faire. Qu’allait-il m’arriver???

Apres quelques minutes qui m’ont semble une eternite, ils sont alles un peu plus loin mais je pouvais les entendre chuchoter. Sans faire de bruit, j’ai alors enfile mon pantalon et pris ma lampe frontale. Mon coeur s’est mis a battre encore plus vite car je savais qu’ils preparaient quelque chose...mais quoi?

J’etais assis dans ma tente et j’attendais.

Pendant un moment, ce fut le silence complet... qu’est-ce qu’ils font? Par quelle direction arriveront-ils? Puis, j’ai entendu des pas tres lents qui s’approchaient. Ils s’approchaient de plus en plus.

J’avais peur car je ne savais pas ce qu’ils allaient me faire. Et puis, probablement du a une poussee d’adrenaline, ma peur s’est transformee en agressivite...j’etais pres a bondir. Et voila qu’arrive le moment fatidique... ils touchent a mes affaires...Comme une eclair, j’ouvre la porte de ma tente, allume ma lampe frontale et sort d’un seul bon. Surpris, ils partent en courant, montent dans les voitures et demarent a toute vitesse. Ouf!!!!!! (Je ne pensais pas que je pouvais faire peur a du monde comme ca...Hahaha!!!).

Je jette un coup d’oeil et tout semble correct. Je retourne dans ma tente et me couche tout habille de peur qu’ils ne reviennent.

Il m’a fallu un bon moment avant que l’excitation creee par l’adrenaline et le stress disparaissent. J’ai pu me rendormir a partir du moment ou je me suis dit qu’ils avaient eu leur dose d’excitation et qu’ils ne reviendraient surement pas. Il etait environ 4h du matin.

Je me suis leve vers 7h et j’ai realise que le trepied pour ma camera n’etais plus la. Ils avaient eu le temps de me le voler. J’ai jete un coup d’oeil autour...rien. Merde! merde! merde! Je me suis ensuite calme en me disant que j’avais de la chance d’etre en un seul morceau et que le trepied n’est qu’une chose materielle. Un peu plus tard, l’idee m’est venu d’aller voir dans le stationnement...rien. Sans trop savoir pourquoi, je me dirige vers la foret, j’y entre et apres quelques pas, qu’est-ce que je vois...mon trepied!!!! Wow!!! Je n’en croyais pas mes yeux! J’avais une chance sur x millions de le retrouver dans ces buissons et je me dirige droit dessus.

Je crois que j’ai vraiment un bon Guide. Cette experience plutot desagreable n’a fait qu’augmenter ma foi en Lui. Non , je n’ai pas l’intention de me faire religieux demain matin, car il n’y a pas de religion precise d’associee a mes croyances (et la chastete, ce n’est pas pour moi). Mais tout ce que je peux dire, c’est que je ne me sens vraiment pas tout seul.

Encore une fois, ca s’est quand meme bien passe pour moi. Desole pour les vampires, car il n’y a pas eu de sang. Pour ma part, je suis tres heureux que ce moment se soit termine ainsi.

Avant de vous quitter, je veux simplement vous dire qu’un fermier s’est arrete sur le bord de la route, pour m’inviter a prendre le souper avec eux, il y a 3 jours de cela. Evidemment, j’ai accepte et je suis encore chez lui. Il se nomme Jim et sa femme Karine. C’est le temps des recoltes(ble, orge..) et je m’amuse a jouer avec les tracteurs, camions, etc...et je ne joue pas dans le carree de sable. En fait, aujourd’hui, je les ai aide a recolte le ble dans un champ faisant 1 mile de long, par 2 miles de large. Je vous avoue que je suis encore une fois, impressionne. Aussi, ils ont 2 moissonneuses-batteuses vallant chacune $250 000 et si quelqu’un achetait la ferme aujourd’hui, il paierait la modique somme de $3 000 000...Non merci! Il faut dire qu’ils elevent egalement des porcs mais tres peu.

Je suis vraiment tres heureux de partager le quotidien de ces gens enjoues et sympathiques. J’ai termine mes journees, fatigue et les yeux rougis par la poussiere, mais j’etais vraiment bien.

Je vous promets de belles photos avec les moissonneuses-batteuses envahies par la poussiere sur un fond de coucher de soleil comme on en voit que dans les plaines.

Merci a vous de prendre le temps de me lire.

Salut!

Benoit

5 septembre 1999

Les 5 premières minutes de pluie

Par ce beau dimanche ensoleillé, je reçois l'appel de Benoît. Il est dans les rocheuses, c'est gris et il pleut. Mais cela n'affecte pas le moral de notre aventurier qui s'emballe dans sa description de cette belle région.

Il a roulé pendant 2 jours avec un autre cycliste de Calgary. Jeff de son prénom. Benoît était un peu hésitant car son compagnon était beaucoup moins chargé, donc, plus rapide :

J'ai roulé dans sa roue. De cette façon, il m'a coupé le vent. Rouler à deux c'était différent et agréable.

Benoît a visité le Lake Morraine qu'il a préféré au Lac Louise. C'est à cet endroit qu'il a laissé Jeff. Le Lake Morraine est entouré de 10 pics assez escarpés et pointus de 3 000 mètres. Benoît est vraiment émerveillé par l'endroit :

C'est tellement beau ! Il n'y a pas de mots pour décrire ça! J'avais des attentes, mais ça les dépasse de 1 000 fois !

Pour la première fois depuis son départ (3 mois), il a été confronté à de la pluie pendant qu'il roulait :

Juste ce qu'il me fallait pour me rafraîchir.

Sur la route secondaire 1A, il a croisé ours, wapiti, et un mouflon :

Vraiment génial !!!!

L'hébergement à Banff a été compliqué. En effet, le contact qu'il avait n'était pas là. Il a donc trouvé une vieille dame de 82 ans qui a bien voulu qu'il pique sa tente dans sa cours arrière. Cependant, il sentait que la dame était craintive et ça le mettait mal à l'aise. Il a alors préféré accepter l'invitation d'une femme originaire de St-Hyacinthe. Mais encore là, c'était compliqué parce qu'un règlement du parc interdit le camping même dans les cours privées. Finalement, par le biais du centre d'information, il a trouvé Julie de Drummondville qui habite avec 4 autres personnes dans un 2 et demi...

C'est que c'est cher à cet endroit...

Donc, notre ami s'est joint au groupe :

Il y a une belle ambiance entre eux. Les gens sont bien ensembles. C'est sympathique.

Julie a pris deux jours de congé, ils sont allés à Waterton au sud de l'Alberta. Toujours aussi enthousiaste, il dit que c'est tout simplement merveilleux. Ils ont croisé un ours dans un sentier. À ce propos, Benoît m'indique qu'il faut toujours faire du bruit en marchant, afin de ne pas les surprendre... Il y a même un sentier (au Lake Louise) où il est obligatoire d'être 6 marcheurs parce qu'il y a une très grande concentration d'ours à cet endroit. . Il a neigé beaucoup dans les montagnes :

C'était agréable de marcher dans la neige.

Un sommet de 2 500 mètres lui a donné une vue superbe sur les montagnes et l'immensité des plaines. Je lui demande alors comment il appréhende de rouler dans les plaines :

J'ai hâte aux plaines. Plusieurs me disent que c'est long. Mais moi j'ai hâte de voir le blé dans le vent, de voir les ciels. Si j'ai le vent dans le dos, j'ai vraiment l'impression que ça va rouler !

Il a rencontré un gars de Sherbrooke qui se nomme Jupiter. Tous les deux vont marcher aujourd'hui sur un glacier, en cordée avec un guide. Il y a énormément de neiges dans les montagnes, il faut aussi faire attention aux crevasses. C'est pourquoi, il est important d'avoir un guide. Puisqu'il a passé plus de temps que prévu dans les rocheuses, Jupiter va ensuite conduire Benoît à Calgary en voiture.

Jocelyn

24 août 1999

LES MONTAGNES ME CHERCHENT ET ELLES ME TROUVENT!

Vernon, Vallee de l'Okanagan,

Apres avoir quitte Vancouver, il m'a fallu faire environ 60 km avant que les montagnes commencent a me faire de l'oeil. Entre la cote ouest et les Rocheuses, il y a les montagnes Cascades. Les monts Logan(9087 pieds) et Baker(10750 pieds) en font parti. En fait, ce dernier fut le premier a me faire decouvrir toute sa beaute. De son maquillage blanc, il a su m'emerveiller.

Le mont Baker est le plus haut volcan des montagnes Cascades. Pierre Bouchard et Jannick Lemieux, deux amis qui voyagent egalement a velo,m'ont indique par internet, que ce mont avait recu plus de 100 pieds de neige depuis un an. Ceux qui aiment les sommets enneiges sont donc servis a souhait avec ce dernier.

Apres Vancouver, j'ai longe la riviere Fraser durant 2 jours. Vous dire jusqu'a quel point il est agreable de suivre les courbes de cette riviere avec de belles montagnes au sommet enneige en arriere-plan. De plus, je me trouve tres choye d'avoir pu observer 4 loutres jouees dans la riviere, alors que je prenais une pause.Quel beau moment!

Le 18 aout, je suis arrive a un endroit nomme "The Hope Slide". En fait, le 9 janvier 1965, il s'est produit un gigantesque glissement de terrain dans la "Nicolum Creek Valley". Il a detruit 3km de route. 356 millions de metres-cubes de roc, de terre, et de neige sont descendus en quelques seconde de 2000 metres. A cet endroit, le fond de la vallee s'est eleve de 70 metres. Je crois qu'on ne peut s'imaginer la puissance d'un tel glissement de terrain.

Les montagnes de l'ouest canadiens que j'ai vu jusqu'a maintenant, ont la particularite d'avoir ruisseaux, rivieres, cascades et canyons a leur cote. Ajoutez a cela l'odeur des fleurs et des cedres, et vous reverez que le temps s'arrete.

Evidemment, pour avoir acces a cette beaute a velo,il faut accepter l'effort qu'elle implique.Sans vouloir vous impressionner, je vous donne un exemple. J'ai du faire 62km pour atteindre "Allison Pass Summit" a 1342 metres d'altitude. De ces 62km, j'ai monte sur 45km environ pour 1300 metres de denivellation. La montee ne fut pas tres abrupte mais tres longue. Ma vitesse moyenne fut de 11km/h, alors quelle est de 18 a 20km/h generalement. Ce sont des journee comme celle-la qui mettent le moral a l'epreuve. Je suis heureux de decouvrir que le miens demeure bon malgre la fatigue. Je crois que la beaute du decor et les baignades dans l'eau glacee en fin de journee, m'aident a refaire mes energies.

Je suis dans la vallee de l'Okanagan depuis 4 jours. Pas besoin de vous dire que je mange des fruits frais(pommes,peches,nectarines,prunes...) a profusion. Malheureusement, je suis arrive trop tot afin de pouvoir travailler a la cueillette massive de ces fruits, debut septembre etant le moment ideal.En fait,la vallee de l'Okanagan beneficie d'un micro-climat. Il fait presque toujours beau et tres chaud(entre 32 et 40 degres celcius).Aussi, l'eau etant quand meme disponible(Okanagan Lake), les conditions ideales pour la croissance des fruits sont reunies.

Depuis mon arrivee dans cette vallee, 2 familles m'ont offert le gite. Cela m'a permis de me reposer davantage avant de poursuivre ma route dans les Rocheuses canadiennes. J'ai du mal a contenir l'excitation qui m'habite a l'idee de decouvrir ces montagnes majestueuses. J'essaierai de vous ecrire lorsque je serai a Banff.

D'ici la portez-vous bien!

Salut!

Benoit

16 août 1999

Avant le nouveau départ

Salut tout le monde!

Je suis encore a Vancouver et je peux dire que cette semaine fut bien occupee.Comme vous le devinez surement, j'ai reussi a me trouver un endroit pour dormir.En fait, pour la premiere nuit, des gens m'attendaient car j'avais eu ce contact avant d'arriver a Vancouver. Il m'a fallu cependant, trouver un autre endroit pour le reste de la semaine. Avec l'aide d'Anne-Marie, une quebecoise au grand coeur qui veut s'etablir a Vancouver, et les gens d'Educacentre, ce ne fut pas tres complique.

C'est Hamid qui a accepte de me prendre chez lui durant quelques jours.Ce dernier est iranien. Ce fut reellement agreable de demeurer avec lui et de decouvrir un peu sa culture, sa facon de cuisiner, etc.Malgre les cultures differentes, il etait interessant de voir jusqu'a quel point nous avions la meme facon de penser, les memes valeurs...

Plusieurs heures de la semaine furent consacrees aux contacts avec les medias de Vancouver.C'est surprenant de voir les differentes perceptions que les medias ont de mon projet.Certains sont tres enthousiasmes,alors que d'autres ont peu d'interets. J'ai donc fait une entrevue en direct, a la radio de Radio-Canada, une autre avec la radio de l'Universite de la Colombie-Britanique(UBC) et il y aura un article dans le journal bilingue "La Source". Ces entrevues furent tres agreables.

J'ai decouvert durant la semaine, que la jante de ma roue arriere etait cassee.J'ai donc du magasiner une autre jante car elle n'etait pas reparable.Heureusement que je m'en suis rendu compte a Vancouver.

Pour profiter de Vancouver, j'ai marche le plus possible pour me rendre d'un endroit a l'autre mais je n'ai pas decouvert cette ville comme j'aurais voulu.Aussi, je ne peux me permettre de rester plus longtemps si je ne veux pas arriver dans 10 pieds de neige au Quebec.

Les deux dernieres nuits, je les ai passe chez Joshua car Hamid devait recevoir des gens pour la fin de semaine. Joshua est originaire de la Taiwan et il vit a Vancouver depuis plusieurs annees. Je l'ai rencontre en Californie. Il etait a velo et voyageait de Vancouver a Tijuana au Mexique.

En fait, je devais partir hier mais les pluies torrentielles m'ont incite a rester une journee de plus. Il pleut encore ce matin mais je crois que je pourrai partir dans quelques heures.

Je quitterai donc en direction de la vallee de l'Okanagan. J'ai finalement decide de ne pas aller a Jasper car ce detour implique plusieurs jours a velo. Je prefere passer plus de temps a Banff. J'ai hate de voir ces montagnes majestueuses.

Avant de terminer, je veux completer une idee que j'ai mentionne dans mon texte precedent. Je mentionnais que plus je reussissais a lacher prise, plus les evenements se placent pour me faciliter les choses. Cela ne veut pas dire cependant, que je me laisse vivre et que je "vegete". Au contraire, lacher prise signifie aussi pour moi, faire confiance en la vie afin de faire les bons choix, de poser les bons gestes aux bons moments. C'est dans l'action que je peux vivre l'experience du "lacher prise", de la confiance.

Alors voila. A la prochaine!

Benoit

10 août 1999

He oui, j'y suis!

Je suis arrivé à Vancouver hier. Je suis présentement à Éducacentre. Ce centre de formation pour adulte, accueille et aide les francophones à Vancouver(hébergement, travail, formations, contacts de toutes sortes, etc)

(Téléphone : 1-800-747-4825, 604-708-5800)
(Courriel : beatricetouze@educacentre.com)

Avant d'aller plus ploin, je vous fais un bref resumé de mes aventures depuis Roseburg, Oregon.

En fait, le contact que j'avais pour voyager de Roseburg à Seattle en voiture, n'est jamais venu au rendez-vous. Les 3 jours à l'attendre m'ont permis de rencontrer des gens fort sympathiques, Robert et Tami. J'ai pu installer ma tente dans leur cours arrière. J'ai eu beaucoup de plaisir à passer du temps avec eux, l'humour étant omniprésent. Donc, j'ai dû me trouver un autre transport pour me rendre à Seattle. Ce transport devais pouvoir s'arrêter à Portland car je devais récupérer des films que Jean m'avait envoyé. Croyez-le ou non, après 15 minutes à attendre sur l'autoroute avec une enseigne "PORTLAND" , quelqu'un s'est arrêté avec un camion et me voilà à Seattle 9 heures plus tard. Je ne croyais pas que ce serait si facile avec tout le bagage.J'ai pu également prendre possession de mes films à Portland.

Une fois à Seattle, j'ai aidé Craig à déménager les choses dans son appartement et je suis reparti le lendemain.

J'ai pris le traversier afin d'aller rouler sur l'île San Juan. Cette île est très belle...la mer, les montagnes, les étangs, les parcs et les fermes où il y a des alpacas. Les alpacas sont des animaux d'Amérique du Sud et ils ressemblent à des lamas. Ils sont reconnus pour la qualité de leur laine. Une fois rasés, ils ne sont pas vraiment beaux (certains diront la même chose de moi...hahaha!).

Après l'île de San Juan, je ne savais pas exactement si je voulais aller à Victoria, sur l'île de Vancouver, ou à Vancouver. J'ai donc laissé aller les choses et j'ai finalement rencontré des gens sur le traversier qui demeuraient près de Victoria. Voilà, mon choix était fait. Victoria est une ville très belle mais un peu trop touristique à mon goût. J'y suis resté une journée. Alors, après ce bon bain de foule, j'étais près à me rendre à Vancouver.

J'ai dû prendre un autre traversier le lendemain et il m'a fallu pédaler comme un fou pour arriver à temps pour celui de 10h. Aussi drôle que cela puisse paraître, je me suis senti réellement au Canada, qu'une fois arrivé à Vancouver. Pourtant, j'y étais déjà depuis une journée.

Des éléments aussi simples que de penser en km et l'argent, m'ont donné l'impression d'être un peu plus chez-moi, même si je suis à plus de 5000km du Québec. C'est un sentiment plutôt agréable.

J'aimerais bien demeurer à Vancouver quelques jours si je peux me trouver un endroit où dormir quelques nuits. Ce temps me permettrait de découvrir Vancouver et aussi, de tenter de contacter les médias pour la couverture de mon aventure.

Tout va donc plutôt bien. Il y a bien sûr, des moments plus difficiles mais si je réussis à lâcher prise, à faire confiance, tout se place généralement pour le mieux.

Je vous écris à nouveau le plus rapidement possible.

Salut!

Benoit

4 août 1999

Deux de perdus, deux de retrouvés

Hé oui! J'ai retrouvé mes films pour la caméra et mon carnet d'adresse. Quel bonheur! En fait, mes films sont arrivés à Eureka trois jours après que je sois parti. Ils les ont donc envoyés a Portland et je les prendrai lors de mon passage à cet endroit. Pour ce qui est de mon carnet d'adresse, il était resté sur le comptoir du bureau de poste et Dave, le commis, l'a remis à Amy. Cette dernière est celle avec qui je me suis lié d'amitié à Arcata. Lorsque j'ai appelé Amy, elle m'a appris la bonne nouvelle. Je lui ai donc demandé de poster mon carnet d'adresse à Vancouver. Tout s'arrange très bien finalement.

La dernière fois que j'ai contacté Jocelyn pour une mise à jour du site, je venais tout juste de passer la frontière de l'Oregon. Tout roule encore comme sur des roulettes. À part quelques rayons qui se sont brisés sous le poids du vélo, pas de problèmes. Les falaises escarpées, la route sinueuse, la mer et le brouillard du matin m'enchantent jours après jours. Pour me rendre à Roseburg, j'ai dû aller vers l'est et entrer dans les terres. Le paysage a changé mais est demeuré tout aussi agréable. J'ai pris de petites routes secondaires où aucune voiture ne passe, où la route suit les courbes de la vallée, où seul le chant des oiseaux vient briser le silence. En fait je ments. J'ai rencontré des voitures mais quel plaisir de les avoir vues passer. En fait, elles étaient une trentaine. Elles avaient sûrement près de 80-90 ans. Certaines avaient des roues de bois et une cloche en guise de klaxon. En un instant, je me suis senti projeté dans un autre temps. J'ai cru que le temps s'était arreté lorsque j'ai rencontré ces voitures sur cette petite route secondaire. Les gens qui les accompagnaient étaient vêtus de vêtements d'époque et se faisaient un plaisir de faire sonner leur cloche, de faire résonner leur klaxon, de lever leurs mains bien haut en guise de salutation.

Pendant un moment, j'ai oublié cet effort que m'imposait une montagne.

Roseburg était l'endroit que je voulais atteindre car c'est ici qui je dois attendre Jass. Ce dernier me conduira jusqu'à Seattle en voiture. Le temps perdu à attendre mon colis sera donc recupéré de cette façon. Jass devrait me rejoindre ici le 4 août et je devrais être à Seattle le 5 ou le 6 août. Il est même possible que Jass vienne me reconduire jusqu'à Vancouver.

Vancouver est une étape importante car elle represente le début du retour vers le Québec. J'ai toujours autant de plaisir à voyager en vélo, mais je sais qu'il sera bon de retrouver la famille, les amis, mon coin de pays.

Si certains d'entre vous avez des contacts à differents endroits au Canada, j'apprecierais que vous me les fassiez connaître. Je trouve toujours agréable de savoir que l'on m'attend quelque part.

Merci et à la prochaine.

Benoît

29 juillet 1999

«Malgré ça, je chantais ...»

Il y avait un bon bout de temps que je n'avais pas eu un coup de téléphone de Benoît. C'est avec un ton de voix débordant d'enthousiasme qu'il a commencé à me raconter avec un débit, comme toujours, très rapide, ses dernières aventures. Mais voilà que cette fois, il amorce en me signalant qu'il vient de côtoyer ses premiers nuages noirs... Hum..., intrigué et inquiet, je lui demande de s'expliquer. Le tout commence par la perte de quelques rouleaux de films vierges dans la poste. Il a été obligé d'attendre inutilement quelques jours à Arcata (ville voisine de Eureka). Puis, il dit avoir perdu son carnet d'adresse. Ma première réaction est de penser qu'il me semble que c'est bien peu de choses. Mais voilà que je réalise que pour quelqu'un qui est seul en vélo, un carnet d'adresse c'est important. Comme dit Benoît :

Je suis seul dans ce voyage, le carnet d'adresse c'est ma compagnie, c'est là que je peux retrouver les gens à qui j'ai besoin de parler...

Pour finir la suite des petits nuages noirs comme il dit, Benoît a été en contact avec de l'herbe à puce ! Des plaques rouges ont donc parsemé ses chevilles et ses mains, en fait, les extrémités de son corps. Je lui demande donc s'il a consulté un médecin.

Non, j'ai enduré, j'ai continué de rouler. J'avais déjà vu un ami avec ce problème. Je savais ce que c'était, j'ai donc enduré. Malgré que c'était dur la nuit.

Mais Benoît ne trouve pas cela dramatique, et son arrêt forcé à Acarta lui a permis de rencontrer encore une fois des gens extraordinaires. Il est resté avec 4 personnes dans une maison. Le tout a été très agréable, surtout avec Amy. Elle parle un peu français, donc son peu de français, et le peu d'anglais de notre ami ont fait un mélange humoristique.

Présentement, il est à Brookings à la frontière de l'Oregon. Il va rouler jusqu'à Roseburg, puis, en raison du retard qu'il a, il va embarquer avec quelqu'un qui va le laisser à Seattle. Donc, il estime être à Vancouver dans 6 ou 7 jours. Hier matin, il a eu un bout difficile. En effet, il a monté pendant 15 kilomètres une route étroite et très sinueuse. Le brouillard était dense et les voitures qui descendaient ne devaient le voir qu'à la dernière minute. Il y avait aussi de gros camions chargés de bois, c'était donc très dangereux et difficile. Le tout ne semble pas avoir trop troublé notre aventurier, car comme il m'a dit :

Malgré ça, je chantais...

Pour poursuivre :

Peu importe les conditions, je suis heureux de réaliser mon rêve. C'est drôle que je me sente bien dans des conditions difficiles comme ça...

Le moral est donc toujours aussi bon. Assez bon pour prendre le temps d'observer une maman ours et son petit, ainsi qu'un wapiti sur le bord de la route, et m'en parler avec la voix pleine d'émerveillement.

Jocelyn

23 juillet 1999

Moment de bonheur!

Salut!

Je suis presentement a Eureka, a environ 250km avant la frontiere de l'Oregon. Je suis "pogne" la car j'attends les films pour ma camera. Jean me les a envoyes mercredi dernier mais c'est plus long que prevu. Il me faudra donc prendre un autre moyen de transport si je veux etre a Vanconver pour la mi-aout.

Certains se demandent pourquoi je me donne de la misere a pedaler,vent de face, a monter les montagnes, etc.Je vais vous l'expliquer mais je veux que vous imaginiez la situation. Je veux que vous la viviez avec moi. Alors, fermez la T.V., dites a votre chum ou blonde de se la fermer, envoyez les enfants chez le voisin et si il est branche sur mon site,envoyez-les chez le deuxieme voisin (il n'avait qu'a se brancher lui aussi...hahahaha!!!), fermez les stores, debranchez le frigo qui fait du bruit et imaginez ceci... Vous etes en Californie et vous etes dans un parc national ou il y a des Redwoods, c'est gigantesques pins rouge pouvant atteindre 300 pieds de hauteur et pouvant avoir 2000 ans. Deja vous pouvez saisir la magie qu'il y a a rouler a travers ces geants. Et la, apres 100km a pedaler, vous apercevez une riviere qui vous incite a faire un pause. Vous vous arretez et decouvrez un petit oasis. Alors vous decidez d'y rester pour la nuit malgre l'interdiction de camper dans les parcs nationaux, un de ces geants pouvant tres bien cacher votre tente.

Apres avoir mis le materiel a l'abri des regardes, vous faites une tournee pour inspecter les lieux...personne a l'horizon. Genial! Vous ramassez donc quelques petites choses et descendez a la riviere. Une fois sur place, vous verifiez la temperature de l'eau...parfaite! Vous faites glisser vos vetements... Vous sentez les rayons du soleil rechauffer les parties blanches de votre corps qui sourient a cette chaleur. Vous vous glissez ensuite dans cette eau qui vous saisis a son contact.Les parties de votre corps qui souriaient, rient jaune maintenant, mais seulement pour un moment.Vous prenez donc tout votre temps pour gouter a cette eau fraiche qui vous redonne de l'energie. Apres un petit coup de savonnette biodegradable, vous vous etendez sur le sable pour vous faire secher par le soleil et le vent. Moment de bonheur!

Certains diront "Je peux me baigner moe aussi, tout nu, dans riviere a cote de chez-nous"...Parfait, profitez-en. Je crois seulement qu'apres 100km a pedaler et dans cet environnement ou des arbres geants vous entourent, la sensibilite a ce bonheur est tres grande.Alors le jour, ou je n'aurai plus de plaisir a vivre ces moments, il faudra peut-etre que je songe a m'arreter ou du moins, a prendre une grande pause.

Je vous souhaite de vivre beaucoup de moments comme celui-la.

Salut!

Benoit

16 juillet 1999

En sens inverse de tout le monde

Benoît est maintenant à Fort Ross, à 200 kilomètres au nord de San Fransisco. Une ville belle et sécuritaire selon lui.

La viste du parc Yosemit s'est bien déroulée. Notre cycliste n'avait que les mots «incroyable» et «magnifique» pour décrire l'endroit.

Les cyclistes qu'il rencontre vont de façon générale en sens inverse (du nord au sud) de lui, en raison des vents. Le relief est très montagneux et se rapproche de la Cabot Trail en Nouvelle-Écosse. Il y a donc beaucoup de montées et de descentes vertigineuses. Malgré les bagages son vélo est très stable dans les descentes. À part une petite douleur au tendon de la cheville droite, tout va bien.

Jocelyn

9 juillet 1999

En route pour le parc Yosemit

Salut tout le monde!

Je suis présentement dans une librairie a San Luis Obispo et j'ai quelques minutes pour vous écrire. Ce qui m'habite présentement, c'est le bonheur de pouvoir aller au Parc Yosemite.Il y a quelques jours j'avais fait le deuil de cet endroit car cela impliquait au moins 2 semaines de plus que prévu.Cependant,alors que je mangeais dans un parc, un homme s'est arrêté pour venir m'inviter a camper chez-lui.Cette même journée, j'ai rencontré son voisin. Il se nomme Radcliff et il est passionné de plein-air et de vélo.Je lui ai raconté ma déception de ne pouvoir aller au parc Yosemite et il m'apprend qu'il avait l'intention d'y aller en fin de semaine, s'il réussissait à avoir congé aujourd'hui.Et bien,voilà, nous y allons. Aussi, j'ai rencontré un français de Toulouse, Olivier,qui se joindra à nous. Il y a vraiment que de belles rencontres sur ma route jusqu'à present. Àpres le parc Yosemite, Radcliff me déposera à San Francisco et je pousuiverai ma route vers le nord.

Comme Jocelyn l'écrivait,j'ai toujours le vent de face en allant vers le nord mais les belles rencontres et les paysage magnifiques me donnent de l'énergie et j'ai vraiment du plaisir a réaliser mon rêve.

Portez-vous bien!

Benoit

7 juillet 1999

L'important c'est de ne pas se comparer

Benoît est maintenant à San Luis Obispo. Il est hébergé chez des gens et va passer la journée de jeudi dans cette localité. Ensuite, il pense prendre 3 jours pour se rendre à Monterey.

Il dit faire de très belles rencontres. Par exemple, à Santa-Barbara il a rencontré un Vietnamien qui voyage avec un campeur et qui l'a hébergé. L'autre soir, il était assit dans un parc et pensait à l'endroit où il allait passer la nuit. Puis soudain, quelqu'un a arrêté sa voiture devant lui et lui a proposé de l'héberger chez-lui. Pour Benoît, c'est un besoin de s'arrêter pour rencontrer des gens. Lorsqu'il roule longtemps sans voir personne il trouve cela plus difficile.

Côté moral, il se surprend lui-même. Malgré qu'il y a beaucoup de moments difficiles, il ne se décourage pas. Lorsque c'est plus dur, il a des «flashs» des bons moments qu'il passait avec ses amis à Baie-St-Paul, du vélo de montagne dans les «trails» de Charlevoix, du confort de sa maison. Mais ce n'est pas de la nostalgie, ça le fait sourire. À son avis, l'important c'est de ne pas se comparer aux autres.

Il roule en moyenne 80 kil. par jour. Les vents sont très forts du nord vers le sud, il a donc toujours le vent de face. Aucun bris mécanique à part un rayon cassé (mais réparé).

Jocelyn

6 juillet 1999

Les barres tendres de Diane

Benoît a couché dans une petite localité du nom de Guadelupe plus haut que Los Angeles. Il devrait être demain à San Luis Obispo. Sa journée d'aujourd'hui a été la plus difficile depuis son départ en raison des grands vents. Habituellement, il roule entre 18 et 20 kil./hr, alors que aujourd'hui il a fait environ 12 kil/hr. Il a hâte de sortir de la ville en raison du bruit, et lâche la côte pour entrer dans les terres. Les conditions sont idéales, il fait entre 20° et 23° C, le temps est sec et il n'est pas encore tombé de pluie. Benoît dort sans le double-toît de sa tente. Il a changé d'habitude dans la planification de sa bouffe. Auparavant il achetait l'essentiel dans des dépanneurs lorsqu'il arrivait à un endroit, mais il a calculé que cela lui revenait moins cher de faire une bonne épicerie de temps en temps.

Le seul problème c'est le poids de ses bagages par la suite. Avant son départ, une de ses amies, Diane Amyot lui a donné un bon paquet de barres tendres de sa confection. Benoît les a tous mangées. Il s'ennuie de ses délicieuses barres tendres. Alors, Diane si tu lis ces lignes, est-ce que tu peux trouver le moyen d'en expédier de nouvelles à Benoît ?

Jocelyn

1 juillet 1999

À l'approche de Los Angeles

Benoît est présentement à Derondo Beach, près de Los Angeles. Il a été hébergé un soir par un nommé Steve qu'il a rencontré.

Jocelyn

29 juin 1999

Benoît écrit pour les Débrouillards

Ce matin, j'ai eu la chance de parler au téléphone avec Benoît. J'étais, comme beaucoup de personnes, un peu inquiet pour sa date de retour dans la région de Québec. Il avait planifié être de retour vers le début de novembre. Mais puisqu'il part de beaucoup plus loin, beaucoup étaient septiques. Benoît dit qu'il croit être à Baie-St-Paul vers la fin novembre.

Son état d'esprit est très bien. On le sent heureux. La semaine prochaine vous devriez voir sur ce site une série de photographies de Benoît au Grand Canyon.

Les Débrouillards, magazine québecois bien connu, suit sur son site les aventures de notre ami. Vous pourrez aussi y lire un article de Benoît inédit aux Débrouillards.

Jocelyn

28 juin 1999

Le phoque en Alaska et le surf...

Je suis encore chez mon amie Chantal. Je vous ecris avant de partir. Je poursuiverai ma route demain. Je longerai la cote ouest americaine jusqu'a Vancouver. Je ne peux m'empecher cependant, de faire un detour pour aller voir les montagnes. J'ai le gout de voir le parc Yosemite. Il semble que ce soit merveilleux.

Depuis les derniers jours, j'ai fait plusieurs activites. Une des plus marquantes est sans doute la promenade au centre ville de San Diego. Bien qu'elle soit semblable a Montreal en terme d'importance, elle a un charme particulier avec ses tramways, ses edifices tout de verre contruit, ses cafes, ses parcs, etc. Je m'attendais a y voir beaucoup de gens cependant. Ce fut une tres belle promenade.

Un autre beau moment, fut la fete de la St-Jean-Baptiste avec les quebecois vivant a SanDiego et les environs. Le deracinement cree une ouverture et une dynamique tres agreable entre les personnes. Ce fut une vraie fete a la quebecoise : volleyball, grosse "bouffe", biere, feu de camp sur la plage et le "phoque en Alaska". J'y ai meme rencontre 2 personnes qui connaissaient des gens de Baie-St-Paul. Je vous l'avais dit que le monde est petit.

Mais vous ne connaissez pas la meilleure!!! J'ai fait du SURF...Du moins, j'ai essaye de faire du surf. Dans mon texte precedent, je vous avais ecrit que c'etait beau de voir la mer jouer avec les surfers...et bien cette fois-ci, c'etait moi le joujou! Et je crois que ce n'etait pas tres elegant (hahaha!!!). Ce fut une experience extraordinaire cependant. J'y suis alle avec Justin, l'ami d'une employee a Chantal. Justin fait du surf depuis 7 ans et il a commence a Hawai. Il me disait qu'a Hawai, il y a des vagues qui atteignent les 30 pieds. Wow! J'etais deja impressionne par celles qui me poursuivaient et qui atteignaient environ 6 pieds. J'ai bien essaye de fuir les plus grosses, mais c'etait plus fort qu'elles...elles devaient me rattraper et me faire tournoyer comme un chiffon dans la machine a laver. Je dois vous avouer que j'ai cherche mon air a quelques reprises. Aussi, c'est tres particulier de ne plus savoir si tu as la tete vers le haut ou vers le bas. Une de ces gigantesques vagues a meme voulu me rappeler que j'avais encore ma tete en projetant la planche de surf contre elle. J'ai vu quelques etoiles et ce n'etait pas des etoiles de mer, je vous le jure. Mais avec un peu de courage, j'y suis retourne et j'ai eu beaucoup de plaisir. Les vagues les plus gentilles m'ont fait faire de bonne distance en surfant mais impossible pour moi, de me tenir debout. Malgre plusieurs tentatives, j'ai du reste a genou (et faire ma priere,hahaha!!). Quelle sensation que de glisser sur l'eau a une bonne vitesse. J'ai ete vraiment impressionne par la force incroyable de cet mer plutot calme. J'ai peine a me l'imaginer lorsqu'elle se dechaine.

Benoît à genoux sur sa planche !

Apres une semaine de repos, je suis pret a poursuivre ma route. Le gout de l'aventure m'incite a continuer et j'ai envie de vivre toutes sortes d'experiences nouvelles.

J'embarque !

Prenez soin de vous, de votre sante et tentez de realiser vos reves. C'est tellement bon!

A la prochaine!

Benoit

24 juin 1999

Bonne St-Jean-Baptiste!

C'est la fete pour vous aujourd'hui. Profitez-en! De mon cote, on fetera la St-Jean-Baptiste samedi le 26 juin. En fait, il y aura un rassemblement de quebecois qui demeurent a San Diego et les environs. Chantal me disait qu'ils sont une soixantaine a vivre ici. J'ai bien hate de les rencontrer.

Que se passe-t-il depuis que je suis chez Chantal? Vous voulez reellement le savoir? Vous avez le gout de nouvelles croustillantes? Et bien...il ne se passe rien!(hahaha!!!). Farce a part, Encinitas est une petite ville paisible de bord de mer. Il est bon de s'y promener car beaucoup de personnes marchent, font du jogging et du velo. Aussi, la temperature est tres agreable...du soleil a tous les jours et environ 25 degree Celcius dans la journee (ca change du desert!).

Encinitas

Je me rends compte qu'il suffit de peu de temps, a un meme endroit, pour qu'une certaine routine s'installe. En fait, depuis que je suis ici, mes journees se ressemblent pas mal : levee vers 7h30, dejeuner, douche, Internet en AM. En PM, promenade a la plage ou en ville et en soiree,sortie avec Chantal. Le but de mon arret ici etait de reprendre contact avec Chantal et de me reposer. Alors, que ce soit plus calme, me convient tres bien.

La plage...Il faut que je vous parle de la plage de la Californie. Eh oui! "Alerte a Malibu" existe vraiment. Ici, les acteurs, c'est monsieur, madame tout le monde. Il y a du beau monde comme on ne peut se l'imaginer. Quand je regarde ces tres jolies femmes, je me demande pourquoi Dieu a voulu m'eprouver ainsi (Hahaha!!!). Aussi, lorsque mon oeil se tourne vers les gars, je me dis qu'il faut etre vraiment bien dans sa peau pour marcher parmi ces hommes et ne pas avoir de complexe. Je dis bravo a ces quelques braves petits bedons qui osent s'aventurer sur la plage. Heureusement qu'il y a des sections de la plage ou ces corps parfaits se melent aux familles. C'est bon aussi de voir les enfants jouer dans cet immense carree de sable et dans la mer. La plage, c'est aussi ces majestueuses vagues que plusieurs surfers s'amusent a defier. C'est beau de voir ces acrobates jouer avec la mer ou plutot, de voir la mer jouer avec eux.

Chantal me fait decouvrir de tres beaux endroits. Par exemple, nous sommes alles nous promener a La Jolla hier soir. Cette ville situee entre Encinitas et San Diego, me fait penser en quelque sorte a "La vie des gens riches et celebres" : villas splendides, Mercedez, Jaguar, grands restaurents avec vue sur la mer et j'en passe. Toute cette richesse me laissait avec un leger malaise et j'avais tendance a me fermer aux autres.. En y pensant, j'ai realise que je me sentais plus ou moins bien dans ce monde du "paraitre". Cependant, Chantal me faisait realiser que je me laissais prendre par mes prejuges et que si je demeurais ouvert, je rencontrerais des gens bons, meme s'ils sont riches. Je crois qu'elle a raison et que les belles rencontres dependent d'abord et avant tout, de ma propre attitude. Tout en discutant, nous nous sommes promenes sur le bord de l'ocean ou d'enormes vagues venaient se fracasser dans un eclat explosif, sur la falaise. Avec la lumiere de fin de journee, c'etait magnifique.

Couché de soleil à Encinitas

Je crois bien pouvoir vous ecrire a nouveau, avant de poursuivre ma route, lundi le 28 juin. S'il y a des choses dont vous aimeriez entendre parler, n'hesitez pas a me le communiquer. Ca me fera plaisir. Aussi, je tiens a dire merci a tous ceux et celles qui m'envoient des messages. C'est tres agreable de vous lire.

A la prochaine!

Benoit

23 juin 1999

Made in USA

Salut! Oui, je suis encore vivant! J'ai reussi a passer l'epreuve du terrible desert de la Californie en velo. Ce n'est pas trop difficile, surtout quand ce dernier est dans le compartiment a bagage et que moi, je suis bien assis, au frais, dans l'autobus.

Je suis parti de Prescott (Arizona), samedi le 19 juin, a 6h00. J'ai d'abord pris un mini-van jusqu'a Phoenix et ensuite, l'autobus pour San Diego (Californie). En tout, 11h30 de route. J'ai pu prendre l'autobus, grace a Marylin qui par ses contacts, a pu me trouver un billet pour 15$ plutot que 75$ normalement. Marylin travaille pour le Centre d'information de Prescott. Elle m'a avoue voir en moi, un de ses enfants, et elle a tout fait pour m'aider. Elle a fait des appels durant pres de deux heures pour mon billet d'autobus. Cette dame a reellement un grand coeur.

Aussi, une autre dame l'a aide. Cette derniere, sans m'indiquer son nom, m'a dit qu'elle etait originaire de Ste-Anne-de-Beaupre (Quebec). Wow! Le monde est petit! Finalement, je pense pouvoir faire le tour du monde en 2-3 jours!!!

Le voyage s'est bien passe, bien qu'il n'y ait pas d'arrets assez longs pour pouvoir prendre un repas. J'ai du me contenter de barres de cereales et de pommes (pour pouvoir traverser le desert sans secher sur place, pas de probleme!). Aussi, le terminus de Phoenix fut toute une experience en soi. Imaginez-vous... je dois laisser mes nombreux sacs et mon velo(dans une boite) sur le trottoir, sans surveillance, pour aller faire valider mon billet. Ensuite, je n'ai que quelques minutes pour traverser 4 ou 5 fois, avec mes bagages, un terminus bonde de monde afin de me rendre a la porte #9 pour prendre l'autobus. Pas besoin de vous dire que j'ai eu une petite poussee de stress. C'est l'experience qui entre!!!

En cours de route, j'ai vecu un beau moment a regarder un petit mexicain de 3-4 ans qui semblait faciner par mes lunettes, ou mon nez, ou mes cheveux couettes, ou autre chose dont je ne peux m'imaginer(et c'est peut-etre mieux ainsi...hahaha!!!).

Plusieurs choses ont attire mon attention pendant le voyage : l'alternance entre la severite du desert et les majestueuses montagnes, les parcs ou des centaines de roulottes sont cordees les unes pres des autres en plein milieu de desert, l'ambiance mexicaine des villes et villages ou l'on s'arrete, l'etouffante chaleur a la sortie de l'autobus, etc.

Mon amie Chantal qui demeure a Encinitas, pres de San Diego, est venue me chercher a mon arrivee. Quel bonheur de la revoir. Environ 2 ans s'etaient passes depuis notre derniere rencontre au Quebec. Elle reside en Californie depuis plus de 6 ans et presentement, elle est proprietaire d'un magasin nouvel age qui fonctionne tres bien. Je demeurerai chez elle jusqu'au lundi 28 juin, a moins que les plans changent. Je vous ecrirai a nouveau demain, afin de vous parler de ce qui se passe depuis que je suis arrive chez Chantal. Afin de vous mettre l'eau a la bouche, cette apres-midi, j'irai me promener a la plage pour y voir tout ce qu'il y a de beau...je parle des vagues, bien sur (hahahaha!!!).

A demain!

Benoit

18 juin 1999

Salut tout le monde!

Mon message a ete tres court hier parce que la personne qui m'a aide, avait besoin de l'ordi. Je vais tres bien. Je suis vraiment content de ce debut d'aventure. C'est parfois difficile etant donne la chaleur mais ca va en general. Il a fait jusqu'a 38 degree celcius a l'ombre. C'est "hot". Le Grand Canyon fut une experience incroyable: Le lever de soleil, la descente dans le Canyon, le chant des coyotes la nuit, la rencontre avec Paula(une cycliste qui traverse differents etats des US pendant 5 mois. Malheureusement,on n'allait dans la meme direction. Ce fut super. La route fut tres interessante entre Prescott(la ou je suis) et le Grand Canyon. Parfois le desert, parfois de grosses montagnes(pres de Cottonwood)et des descentes dans des vallees a la vegetation luxuriante.Les parties dans les deserts sont tres eprouvantes. Il semble que celui entre Prescott et San Diego soit encore plus terrible. Il y fait jusqu'a 44 degree Celcius et il n'a pas d'arbres. Aussi,il y a parfois 200 km et plus sans village,donc sans eau. Mais ce n'est pas grave, je pars quand meme... C'est une farce...paniquez pas. On m'a deconseille cette partie en velo car des gens y sont morts deja,du a la deshydratation. Alors, j'essais de m'organiser avec un camion. Je demeure presentement chez Rob.Un ami qui est venu me parler hier. Tres sympathique et tres sportif. C'est tres agreable. J'ai rencontre differentes personnes tres interessantes mais c'est plus difficile aux US qu'a Terre-Neuve.

Je n'ai pas eu de bris mecaniques, pas de crevaisons, juste un rhume qui m'a impose un repos d'une journee au Grand Canyon. Si tout va bien, je serai a San Diego dans quelques jours et vous ecrirez a nouveau car je serai chez mon amie Chantal. J'espere que vous ne m'oubliez pas trop vite. De mon cote, je ne pense plus a vous du tout (ha! ha!). Au contraire,je pense a vous souvent et ca me fait du bien. J'ai deja hate de vous montrer ca lors de diapo-conference.

Je vis "the simple life" et c'est bon. je souhaite seulement que ca continue comme ca...et pourquoi pas.

Faites attention a vous et je vous ecris le plus rapidement possible. Pour ceux et celles qui viennent de decouvrir mon site...Bienvenue! A la prochaine!

Benoit

P.S. N'oubliez pas qu'aux U.S., il n'y a pas d'accent.

17 juin 1999

Appréhension du désert

Voici un courriel de Benoît :

Salut Jocelyn!

Surprise! J'ai vu Internet dans une vitrine, je me suis arrêté et un gars m'a pris en photo avec une caméra digitale et voilà. Je suis a Prescott, Arizona (17-06-99). Ça va très bien. J'essaie de prendre un camion pour San Diego car le désert m'est déconseillé.

Salut

À la prochaine!

Benoît

14 juin 1999

À une tornade près...

Benoît a laissé son frère et le camion à Flagstaff en Arizona il y a quelques jours. Les deux frères on évités une situation périlleuse de près. En effet, à une intersection, ils on décidé de prendre un parcours différent de celui habituellement emprunté par le frère de Benoît. Après un certain temps, ils ont remarqué de grands vents et d'immenses nuages noirs en direction de la route qu'ils devaient prendre originalement. C'était une tornade !

Ne soyez pas inquiet, Benoît va très bien, à part un rhume qu'il a attrapé en passant une nuit dans le camion à l'air climatisé...

Il a pris deux jours à travers le désert pour se rendre au Grand Canyon. La première journée, il a fait 34 degrés... à l'ombre ! En roulant dans le désert il a eu l'impression qu'il devait toujours se dépêcher, il était un peu inquiet sans trop savoir pourquoi. Il croit que c'était la crainte qu'il arrive quelque chose alors qu'il était si loin de la civilisation. Le temps est très sec, la sueur sèche très rapidement sur sa peau, il doit boire énormément. Il a passé une première nuit à Vallee en camping sauvage. Le lendemain, le rhume l'a affecté un peu plus, mais il est arrivé au camping du Grand Canyon. Pendant son voyage, il a côtoyé lézard, chevreuils, lièvres, des chiens de prairies, et beaucoup d'aigles royales.

Ce matin (le 14), il s'est levé avant l'aube, et s'est rendu aux abords du grand Canyon afin de voir le levé du soleil. Il dit que c'est un spectacle incroyable.

Il va maintenant prendre une à deux semaines pour se rendre à San Diego.

Jocelyn

7 juin 1999

Au moment où vous lirez ces lignes, Benoît doit être en route pour l'Arizona, en camion avec son frère. Vous avez bien lu : il va partir de l'Arizona! C'est le seul voyage de disponible. Il s'est adapté rapidement à ce changement. Mais il sera difficile, selon lui, d'être de retour au Québec pour novembre.

La veille du départ pour le grand voyage, il m'a dit avoir de petites frousses lorsqu'il y pensait, mais prendre rapidement le dessus. Le voyage devrait durer 5 jours. Une fois en Arizona, il va passer par la Californie, l'Orégon, et Washington.

Jocelyn

4 juin 1999

Benoît est maintenant à Plessisville. C'est à partir de là qu'il va s'embarquer avec son frère (qui conduit des camions) pour l'ouest.

À partir de maintenant, Benoît est seul. On peut imaginer que la séparation des deux amis a été émotive... J'ai discuté avec Denis hier, il m'a dit avoir aimé l'expérience de rouler avec Benoît. Il semble que pour aller à Plessisville, ils ont eu le vent dans le dos. C'est différent des grands vents qu'ils ont eu la première journée...

Photo : Denis Vézina

La seule chose qui «chicote» Benoît, c'est la photo que votre humble serviteur a placée dans la section Présentation de ce site. Il dit que Julie, qui s'occupe de la sélection des photographies, a pris une très belle photo, mais il a l'impression qu'il a l'air trop «prétentieux»... Pour ma part, je trouve qu'elle fait un peu «mannequin». Et vous ?

Jocelyn

31 mai 1999

Voilà, c'est fait ! Benoît a pris la route hier (dimanche le 30 mai) de Baie-St-Paul en compagnie de son ami Denis Vézina qui l'accompagne pour quelques jours.

Pour la première journée, ils ont été hébergés chez le frère de Denis, Marc qui habite à Beaupré. C'est de là, que Benoît m'a confié au téléphone qu'il avait trouvé son départ génial en raison de la présence de nombreux amis qui étaient venus pour l'encourager. Il a trouvé cela très significatif, et en a retiré beaucoup d'énergie.

Photo : Julie Bouchard

En cours de route, il a croisé quelques personnes qui avaient assistées à son départ et qui étaient en route pour Québec. Ces gens en ont profité pour saluer une dernière fois Benoît qui ne sera de retour dans la belle région de Baie-St-Paul que dans les environs de novembre prochain. Les deux cyclistes ont donc pris des pauses bien agréables en compagnie de leurs amis. Il faut dire qu'ils ont été confrontés à un vent de face qui les a surpris, comme dit Benoît "pas à peu près". Les deux aventuriers s'étaient couchés tard en raison des préparatifs, et ils l'on senti en bataillant ferme avec ces grands vents.

Photo : Julie Bouchard

Ils on été reçu comme des rois chez Marc, et en on profité pour prendre un bon repas et une douche. Lundi le 31, ils devraient arriver à Ste-Foy, et ils passent la journée de mardi dans la région de Québec.

Photo : Julie Bouchard

Pour ma part, je demeure attentif à toute nouvelle de Benoît , et vous en fait part le plus rapidement possible. De votre côté, il ne faut pas hésiter à lui laisser des messages pour l'encourager. Bientôt, ces messages serons affichés sur le site.

Photo : Denis Vézina

Jocelyn

11 mai 1999

C'est fou comme le départ arrive à grands pas (30 mai 1999). Pas besoin de vous dire que ça brasse pas mal au niveau des préparatifs. J'ai entre autre fait une conférence de presse et vous trouverez ci-joint 2 articles qui sont apparus dans les journaux de Charlevoix. Comme première expérience avec les médias ce fut très intéressant.

L'Hebdo Charlevoisien, p. 5, du 8 mai 1999
Plein jour sur Charlevoix, p. 9, du 8 mai 1999

Benoît

30 avril 1999

Je me sens tout drôle... Je suis vraiment énervé par les premiers moments de mon site. Voilà une étape importante dans la réalisation de mon projet. Je suis impressionné par l'idée que ce moyen de communication sera le principal lien entre vous et moi. Je serai vos yeux, vos oreilles... partout sur la planète. Et vous serez entre autres, pour moi, cette motivation et cet encouragement qui me donnera l'énergie de continuer. En fait le site sera plus que ça mais c'est ce qu'il représente pour moi à ce moment-ci.

Merci à vous d'être là, et je souhaite que vous reviendrez visiter mon site. J'essaierai de l'alimenter le plus souvent possible.

Voici quelques informations :

Conférence de presse

Mardi, le 4 mai, à Baie-St-Paul

Activités bénéfices

Vente de t-shirts
    Coût : $20 (plus les frais de manutention COD)
    Points de vente :
      Diane Amyot, (418) 435-5011
      La Galerie du sport (Baie-St-Paul), 435-5267
      Boutique Taïga, (Ste-Foy), 658-2742
      Lors des autres activités bénéfices (5 à 7, souper, conférence).

5 à 7 : le jeudi, 6 mai, 17h
    Microbrasserie Le St-Pub (Baie-St-Paul)
    Coût : $10
    Pour chaque personne :
      un billet 2 pour 1 (bière)
      Moules et frites
      Tirage d’une table d’hôte
    Soirée avec animation
    Présentation du projet " Au coeur du monde à vélo "
    Billets en vente maintenant : 435-5150 (poste 2560, 2563, 2323)
    Billets disponibles à l’entrée
Souper : le jeudi, 13 mai, 19h.
    Restaurent Le Mouton Noir (Baie-St-Paul)
    Coût : $20
    Repas : Couscous royal (buffet)
    Soirée avec animation, vente aux enchères
    Présentation du projet " Au coeur du monde à vélo "
    Billets en vente maintenant : 435-5532 ; 435-6375
    Billets disponibles à l’entrée
Conférence : le mercredi, 26 mai, 19h.
    Centre communautaire Pro-Santé (Baie-St-Paul)
    Coût : $5
    Conférenciers :
      M. Guy Thibault : Présentation des résultats de sa recherche sur l’activité physique
      M. Benoit Provencher : Présentation du projet " Au coeur du monde à vélo "
    Billets en vente maintenant :
    Billets disponibles à l’entrée

    Benoît

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